Algérie–États-Unis : vers un tournant stratégique avec le gaz de schiste

Depuis plusieurs semaines, la presse économique internationale confirme que l’Algérie est sur le point de conclure des accords historiques avec les géants américains ExxonMobil et Chevron pour l’exploitation de ses immenses réserves gazières, y compris du gaz de schiste.

Selon Bloomberg et Rigzone, ces discussions avancées pourraient aboutir à des contrats majeurs, marquant une première dans l’histoire de la coopération énergétique entre Alger et Washington (Bloomberg, Rigzone).


Des réserves parmi les plus importantes au monde

Avec près de 20 000 milliards de mètres cubes de gaz de schiste techniquement récupérable, l’Algérie figure dans le top 5 mondial des pays les mieux dotés (Agence américaine d’information sur l’énergie, EIA).
Jusqu’ici, la question de son exploitation restait sensible, tant pour des raisons techniques qu’environnementales.

Mais la guerre en Ukraine, la crise énergétique européenne et la volonté américaine de sécuriser de nouvelles sources poussent à accélérer les négociations.


Des contrats en cascade

Ces discussions avec ExxonMobil et Chevron s’ajoutent à une série d’accords récents :

  • En juillet 2025, Sonatrach (compagnie nationale algérienne des hydrocarbures) et Sinopec (Chine) ont signé un contrat d’exploration sur le bloc gazier Guern El Guessa II (Reuters).

  • Début 2025, Sonatrach avait également signé avec Chevron un accord de coopération offshore (Reuters).

  • En avril 2025, Sonatrach a conclu un mémorandum avec Occidental Petroleum pour des projets hydrocarbures (Reuters).

  • En juillet 2025, un contrat de 1,35 milliard USD a été signé avec Eni (Italie) (Reuters).

Ces partenariats traduisent une offensive diplomatique et économique algérienne, qui cherche à diversifier ses alliances et à renforcer sa place de fournisseur énergétique incontournable.


Enjeux géopolitiques

  1. Pour l’Algérie :

    • Augmenter ses revenus gaziers dans un contexte de baisse des réserves conventionnelles.

    • S’imposer comme partenaire énergétique majeur, non seulement de l’Europe mais désormais aussi des États-Unis.

  2. Pour les États-Unis :

    • Réduire la dépendance de leurs alliés européens vis-à-vis de Moscou.

    • Placer des géants américains dans un pays pivot du Maghreb et du monde arabe.

  3. Pour l’Europe :

    • Consolider ses approvisionnements via le gazoduc Medgaz (vers l’Espagne) et éventuellement d’autres corridors.

    • Se retrouver en concurrence avec les nouveaux débouchés américains et asiatiques.


Conclusion

Les accords en cours entre l’Algérie et les majors américaines marquent un tournant stratégique majeur : Alger s’impose comme un acteur incontournable dans la géopolitique énergétique mondiale.

By Michael

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