Les enfants de Gaza et la justice qui ne dort jamais

Allâh n’a pas honte de donner en exemple un moustique, ou quelque chose de plus insignifiant encore, pour faire comprendre aux hommes une vérité essentielle. Si le Créateur choisit parfois l’humble pour instruire, alors l’exemple d’un homme puissant, arrogant, et aujourd’hui disparu de ce monde, peut tout autant servir de leçon à qui veut réfléchir.

Des mots qui ont pesé sur des vies

Le sénateur américain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet 2026, a occupé pendant des années une position d’influence considérable sur la politique américaine au Proche-Orient. Ses prises de position sur Gaza ont été parmi les plus dures de la scène politique occidentale : il a appelé publiquement à « raser » la bande de Gaza, comparé à plusieurs reprises l’offensive israélienne aux bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki, et affirmé que les Palestiniens de Gaza étaient « la population la plus radicalisée de la planète ». Il s’est opposé avec constance à tout cessez-le-feu, a qualifié la Cour internationale de Justice de « folle » lorsqu’elle a ordonné l’arrêt de l’offensive sur Rafah, et a nié toute accusation de génocide, y compris face à des dizaines de milliers de morts, en majorité des femmes et des enfants.

Ces prises de position ne sont pas des rumeurs : elles ont été prononcées publiquement, répétées, assumées. Elles ont accompagné, année après année, des décisions politiques et militaires qui ont directement affecté des vies humaines à Gaza.

Le silence des enfants qui ne reviendra pas

Combien d’enfants palestiniens ont été tués, mutilés, orphelins, sans qu’aucune parole de compassion ne vienne de ceux qui avaient le pouvoir d’arrêter le massacre ? Qu’ont-ils fait, ces enfants, pour mériter moins de considération que n’importe quel autre enfant sur cette terre ? Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 6/V : 164) : « Nulle âme ne portera le fardeau d’une autre âme. » Un enfant tué ou traumatisé par cette guerre n’est en rien responsable de son sort. Aucune appartenance éthnique, aucune nationalité, aucune histoire ne peut justifier qu’un enfant paie de sa vie ou de son enfance pour des décisions prises par des adultes loin de lui. Allâh est parfaitement juste, et Il ne rétribue chaque âme que selon ce qu’elle a elle-même accompli.

La justice d’Allâh ne connaît ni retard ni oubli

Allâh, élevé soit-Il, nous avertit à de multiples reprises que nul tyran, aussi puissant soit-il sur cette terre, n’échappe à Son regard. Il n’y a dans le Coran aucune place pour l’idée qu’un homme puisse commettre l’injustice impunément parce qu’il occupe une position de pouvoir. Chaque parole prononcée, chaque décision prise, chaque silence complice devant la souffrance des innocents, sera pesé au Jour où nul ne pourra se dérober. De même, Allâh récompense pleinement toute bonne action, aussi minime soit-elle : Sa justice n’oublie ni le mal commis, ni le bien accompli.

Ce que cet épisode doit nous rappeler

L’exemple de cet homme doit nous rappeler une chose : la parole publique a un poids, et les responsables politiques qui appellent, encouragent ou couvrent la destruction de vies innocentes — ce que des instances des Nations unies elles-mêmes qualifient aujourd’hui de génocide et de génocidaires pour désigner ses acteurs et leurs soutiens — ne sont jamais hors d’atteinte de la justice divine, même lorsqu’ils semblent hors d’atteinte de la justice humaine.

Que ceux qui, aujourd’hui encore, tiennent des discours similaires, méditent sur la fragilité de leur propre existence, et qu’ils sachent que la porte du repentir et de la vérité reste ouverte tant qu’ils respirent. Et que nous, croyants, ne cessions jamais d’invoquer Allâh pour les enfants de Gaza, pour leur soulagement, pour la fin de leurs souffrances, et pour que justice soit rendue, ici-bas si Allâh le veut, et immanquablement dans l’Au-delà.

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