CCIF Toulouse : distributions de roses & discussion avec les passants à l’occasion des 10 ans de la loi du 15 mars 2004

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Le samedi 15 mars, à l’occasion du triste anniversaire des 10 ans de la loi du 15 mars 2004 excluant de nombreuses sœurs du banc de l’école, une opération a été organisée par le CCIF Toulouse et l’EMF afin de sensibiliser sur les conséquences de cette loi, et de manière plus globale sur l’islamophobie.

A cette occasion, des roses ont été distribuées au centre ville de Toulouse, place du Capitole pour aborder les passants sur la loi du 15 mars et ses conséquences. A la fin de cette journée, des membres des associations nous ont fait part de leurs échanges avec certains passants. Des membres des associations ayant participé à l’événement nous font part de leurs retours. Au-delà du but de sensibiliser sur les conséquences d’une loi discriminante, cet événement était aussi une occasion de parler du hijab, et de sa signification. Voici quelques témoignages des bénévoles :

« C’était la première fois que je participais à ce type d’événement, et malgré une légère appréhension, j’ai beaucoup apprécié les échanges qui étaient beaucoup placés sous l’optique d’une compréhension, comme le montre la question d’une passante « Et vous alors pourquoi vous avez décidé de le porter ? »J’ai profité de ce temps de parole qu’on me donnait, loin d’une justification en bonne et due forme, les échanges tendaient à se faire comprendre et à être entendues. Ils touchaient également à amorcer une démystification autour de la (jeune) femme ou fille voilée : « A-t-elle était forcée ? ». Une action ne se mesure pas à sa grandeur ni à son ampleur mais à ses effets à court, moyen ou long terme. Tel est l’un des enseignements que je tire de cette distribution de roses ».

« Surpris de la démarche, beaucoup sont venus de leur plein gré pour nous demander ce que nous faisions et discuter avec nous. Même si certains étaient d’accord avec la loi, beaucoup se sont offusqués du fait de l’existence d’une islamophobie en France qui se traduit notamment par des discriminations à l’embauche. Certains passants ont instrumentalisé la notion de laïcité (comme il est coutume de le faire maintenant) pour la brandir comme un étendard contre une radicalisation de la France. Les musulmans doivent être armés ( intellectuellement parlant) pour pouvoir démonter toute argumentation qui tenterait de légitimer cette pratique injuste et raciste, ce qui passe par la science, la connaissance et le savoir en plus du devoir d’acquisition d’un savoir religieux ».

«Cette action a été plutôt positive et très enrichissante. Sauf que cette fois-ci le motif était tout autre. Nous avons touché à la loi du « 15 mars 2004 » et là, cela a été rude psychologiquement. Certaines personnes ont été assez virulentes quand d’autre nous ont clairement expliqué leur position en faveur de la loi. Toujours les mêmes arguments, soucis de neutralité, égalité pour tous, nécessité de laisser l’enfant décider seul sans pression. Mais ce qu’ils oublient c’est le mal être de ces jeunes filles qui dès leur arrivée dans l’établissement, subissent des pressions psychologiques, des situations humiliantes face à leurs camarades et une sensation de malaise constant. Que font-ils de la dimension humaine qui devrait primer face à une loi aux effets nocifs? Du respect des convictions même s’ils n’en saisissent pas toutes les motivations ? De cette douleur ?  Ce matraquage je l’ai vécu et ça fait mal. Quand monsieur Le Principal piste la moindre jeune fille retirant son voile, en espérant qu’elle dépasse la ligne séparant l’établissement de l’espace public, afin de s’empresser de le lui faire remarquer. Toute ces choses sont réelles, les remarques désobligeantes, les regards réjouis, les sourires en coin de bouche. C’est cet envers là que j’ai voulu exposer avec les passants, celui qu’ils ne connaissent pas et dont ils n’ont pas conscience, des effets pervers que cette loi a eu sur nous et qui est en mon sens un véritable échec. Certains ont tout de même été compréhensifs et très à l’écoute, ce qui me donne espoir de voir un jour une France de demain, libérée de ces carcans qui lui pèsent et la tourne au ridicule aux yeux de ses voisins européens. Il m’a semblé après cette journée, que l’hostilité à l’égard du voile s’est accru. Cependant je garde espoir, grâce aux quelques gens qui ont su nous donner au travers de mots, de sourires, la force de continuer ce combat qui est le combat de la liberté, le combat de la France et également celui des français ».

Pour résumer la journée, une vidéo a été réalisée : https://www.youtube.com/watch?v=tS97EAx-pJ0

By Younes

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