Lors d’un sommet extraordinaire de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) à Istanbul, samedi 21 juin, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a vivement dénoncé les attaques israéliennes contre l’Iran. Selon lui, Israël “entraîne le Moyen-Orient vers une catastrophe totale”.
Fidan a affirmé que la région ne souffrait pas d’un problème palestinien, libanais, syrien ou iranien, mais bien “d’un problème israélien”, pointant du doigt l’escalade provoquée par Tel Aviv depuis le 13 juin. Il a appelé à stopper “l’agression illimitée contre l’Iran” avant qu’elle ne déclenche une spirale incontrôlable.
Le président Recep Tayyip Erdoğan, s’exprimant à la suite du chef de la diplomatie, a accusé les puissances occidentales de soutenir Israël sans condition. “La Turquie ne permettra pas que les frontières du Moyen-Orient soient redessinées dans le sang”, a-t-il averti, appelant les pays musulmans à faire front uni contre le “banditisme israélien”.
Sur le terrain, la tension est palpable. À la frontière iranienne, la ville turque de Doğubayazıt voit affluer des Iraniens fuyant les bombardements. Une situation qui confirme les craintes d’Ankara quant à une guerre régionale élargie.
Pendant ce temps, l’Iran exclut tout retour à la diplomatie “tant que les bombardements se poursuivent”, rejetant toute négociation sous les frappes. La Russie, par la voix de Vladimir Poutine, a renouvelé son soutien à l’Iran, affirmant qu’aucune preuve n’indique que Téhéran cherche à acquérir l’arme nucléaire.
Face au silence ou à l’ambiguïté de certaines puissances occidentales, la Turquie hausse le ton, appelant à la désescalade avant qu’un point de non-retour ne soit atteint.
Note : Mais selon plusieurs analystes, cette agressivité répétée pourrait finir par convaincre Téhéran qu’il lui faut justement développer une capacité nucléaire, non pas pour l’utiliser, mais pour dissuader toute attaque future. Une telle évolution, si elle devait se concrétiser, ne ferait qu’aggraver les tensions et radicaliser durablement la situation au Moyen-Orient.

