WONSAN, Corée du Nord – Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, accompagné de sa fille Kim Ju-ae, a inauguré en grande pompe le Wonsan-Kalma Coastal Tourist Zone, un complexe balnéaire géant censé accueillir près de 20 000 visiteurs. Ce projet pharaonique, longtemps retardé par la pandémie, ouvre officiellement ses portes le 1er juillet 2025.
Mais ce qui intrigue surtout la communauté internationale, c’est que les premiers touristes étrangers autorisés seront exclusivement… russes. Un accord prévoit même des trains directs depuis la Russie, et 1 500 touristes russes auraient déjà visité la Corée du Nord au cours de l’année 2024, un chiffre appelé à exploser avec l’ouverture de ce complexe.
Une vitrine du régime, un signal politique
Le complexe de Wonsan, situé sur les rives de la mer de l’Est (mer du Japon), comprend :
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des hôtels modernes,
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des restaurants haut de gamme,
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des piscines, toboggans aquatiques,
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un cinéma, des pubs et des espaces de détente.
Cette zone de loisirs vise à renvoyer l’image d’une Corée du Nord ouverte et capable d’offrir un tourisme balnéaire de qualité, en contradiction avec les images de pauvreté ou d’austérité souvent associées au pays.
Mais au-delà de la façade touristique, le message est éminemment politique :
L’ouverture aux Russes et l’exclusion des Occidentaux et même des Chinois pour l’instant soulignent l’axe Moscou-Pyongyang, qui ne cesse de se renforcer depuis le début de la guerre en Ukraine.
Les sanctions internationales, notamment américaines, n’ont pas empêché la Corée du Nord d’initier ce projet, probablement soutenu par des investissements ou une coopération discrète avec la Russie.
Un tourisme sous contrôle total
Si la Corée du Nord autorise cette ouverture, elle le fait à sa manière : avec des circuits strictement encadrés, aucun contact libre avec la population locale, et aucune liberté de déplacement en dehors des zones prévues.
Les experts soulignent que le tourisme russe, même limité, pourrait constituer une source de devises étrangères non négligeable pour un pays sous embargo. Mais pour l’heure, l’initiative reste symbolique et contrôlée à l’extrême.
Et les autres pays ?
Les autorités nord-coréennes n’ont pas précisé si d’autres nationalités seraient autorisées à visiter le complexe à l’avenir. Mais l’enjeu économique pourrait pousser le régime à élargir progressivement les accès – notamment aux Chinois, qui constituent historiquement la majorité des touristes étrangers dans le pays.
En résumé : La Corée du Nord n’ouvre pas ses frontières… elle sélectionne ses invités. Et ce choix révèle beaucoup sur les nouvelles alliances du monde post-guerre d’Ukraine.

