Le mîqât est le lieu sacré à partir duquel le pèlerin entre en état d’ihrâm, marquant ainsi le début effectif de son hajj ou de sa ‘umra. Arriver à ce seuil béni exige une préparation minutieuse : grandes ablutions, parfum, taille des ongles et des poils, et revêtement de l’habit de sacralisation. C’est également le moment solennel où le pèlerin formule son intention dans son cœur et la proclame à voix haute par la talbiya, ce cri du tawhîd qui résonne depuis les temps d’Ibrâhîm (que le salut soit sur lui).
Le présent article détaille tout ce que le pèlerin doit accomplir à son arrivée au mîqât, depuis les préparatifs corporels jusqu’aux différents types de rites disponibles selon la période de l’année. Il aborde également des cas particuliers tels que le voyage en avion, la situation de la femme indisposée, et la possibilité de poser une condition lors de l’ihrâm en cas de crainte d’empêchement.
Ce que doit faire le pèlerin lorsqu’il arrive au mîqât[1] (le lieu de la sacralisation) :
Accomplir l’ightisâl (les grandes ablutions), se parfumer et se nettoyer avant l’ihrâm (la sacralisation) :
*Lorsqu’il arrive au mîqât ; il lui est recommandé :
* D’accomplir l’ightisâl (les grandes ablutions).
* De se parfumer [uniquement le corps : la tête, la barbe, les aisselles et autres. Tandis qu’il est interdit de parfumer les vêtements.)
*Qu’il prenne soin de ses moustaches, de ses ongles, de ses poils pubiens et de ses aisselles en coupant ce qui doit l’être, afin de ne pas avoir besoin de le faire lorsqu’il sera en état d’ihrâm (de sacralisation) et que cela lui sera prohibé.
La tête : il n’est pas recommandé de se couper les cheveux lors de l’ihrâm, ni pour l’homme ni pour la femme.
Que doit faire la femme indisposée ou ayant ses lochies lorsqu’elle arrive au mîqât ?
*Lorsque la femme arrive au mîqât indisposée (ayant ses règles) ou ayant ses lochies ; elle accomplit l’ightisâl (les grandes ablutions), puis se met en état d’ihrâm (de sacralisation) avec les autres et fait ce que le pèlerin fait, excepté le tawâf (les circumambulations) autour de la Kacba. [La femme indisposée – ou autres – ne doit pas accomplir le sacyy (la course) de la coumra avant le tawâf, contrairement au hajj où il est permis de faire cela][2]
*[Celui qui l’accompagne doit la mettre en garde et lui enseigner ces prescriptions. Il doit lui apprendre que cela est aussi arrivé à deux épouses du Prophète ainsi qu’à quelques femmes Compagnons, car beaucoup de femmes éprouvent de la gêne à évoquer leur indisposition.]
Le vêtement de l’ihrâm
*Puis l’homme doit porter un izâr (étoffe autour de la ceinture) et un ridâ’ (étoffe sur les épaules). Il est recommandé qu’ils soient blancs et propres [Si cela est aisé, sinon n’importe quelle autre couleur excepté le rouge pur ou le moucasfar (coloré par le casfar[3]) et ne ressemblent pas aux vêtements des femmes.)
*Il est recommandé qu’il fasse son ihrâm en portant des sandales.
*Tandis que pour la femme : il lui est permis de faire son ihrâm portant le vêtement qu’elle désire, de couleur noire ou verte ou autre, en évitant de ressembler aux hommes dans leur façon de s’habiller. [Son ihrâm doit s’effectuer dans son vêtement habituel ; large, épais et couvrant, ne contenant aucun ornement, qui ne décrit rien de son corps et qui n’attire pas le regard des hommes.]
*Seulement, elle ne doit pas porter le niqâb (voile recouvrant le visage) ainsi que les gants lors de son ihrâm, mais couvre son visage et ses mains sans niqâb ni gants.
*Tandis que spécifier l’ihrâm de la femme dans un vêtement de couleur verte ou noire, comme le font certaines personnes, cela n’a aucun fondement. [Et ce qui est devenu coutumier chez certaines communautés et ethnies où la femme en état d’ihrâm s’habille en blanc ou met sur sa tête une bande blanche ; ceci ne fait point partie de la religion, au contraire c’est une bidca (culte inventé). Ceci fait partie des vêtements d’ornement et de surplus qui attire les regards.]
La niyya (l’intention) d’entamer le nousouk (le culte) :
*Puis après avoir terminé le ghousl (les grandes ablutions), avoir achevé de se nettoyer et avoir porté l’habit de l’ihrâm, il contracte dans son coeur la niyya (l’intention) d’entamer le nousouk (le culte) qu’il désire : hajj ou coumra.
*Il lui est prescrit de prononcer sa niyya (intention) à haute voix. Ainsi, si sa niyya est d’accomplir la coumra, il dit : (Labbayka coumra)[4]. Si sa niyya est d’accomplir le hajj, il dit : (Allâhoumma labbayka hajjan)[5]. Car le Prophète a fait cela.
S’il a l’intention de les accomplir tous les deux, il dit : (Allâhoumma labbayka hajjan wa coumra)[6]
*[Lorsque le Prophète éleva la voix prononçant la talbya[7] pour le hajj, il dit : « Allâhoumma (Ô Allâh) ! Ceci est un hajj où il n’y a ni riyâ’ (rechercher à être vu) ni soumca (rechercher que les autres l’apprennent) » [Ibn Mâjah/jugé sahih par Al-Albânî].
Le pèlerin et le mouctamir doivent garder à l’esprit l’ikhlâs (la sincérité) durant leurs rites, car si le Prophète a dit cela alors qu’il est le chef des hounafâ’ (ceux qui sont loin de toute association), nous autres devons le faire à plus forte raison.
*Il est préférable qu’il prononce cela avant de s’installer sur son moyen de transport ; monture, voiture ou autres.
Les sens et les intérêts de la talbiya
Puis il récite la talbiya du Prophète ﷺ, qui est : «Labbayka Allâhoumma labbayk, labbayka lâ charîka laka labbayk, ‘inna-l-hamda wa an-nicmata laka wa-l-moulk, lâ charîka lak.» (Me voici, Ô Allâh, répondant à Ton appel, me voici. Me voici sans associer avec Toi quiconque, me voici. La louange, la grâce sont les Tiennes ainsi que la royauté. Sans aucun associé avec Toi.)
Il redouble d’ardeur dans sa talbiya et dans le dhikr (l’évocation) d’Allâh, élevé soit-Il, jusqu’à ce qu’il arrive à la Kacba.
[La première chose avec laquelle le musulman entame sa coumra c’est la proclamation du tawhîd (l’unification d’Allâh) et la réfutation du chirk (l’association dans l’adoration). Il la récite à haute voix en étant conscient de ce qu’elle indique comme obligation d’unifier Allâh par la cibâda (l’adoration) et de s’éloigner du chirk. Car tout comme Allâh est l’unique qui accorde les grâces et les dons, sans associé, Il est l’unique qui doit être unifié par l’adoration sans associé ni égal…
Et tout comme il est exigé de l’homme de se diriger, dans sa coumra, vers Allâh uniquement, il est aussi exigé de lui de se diriger vers Allâh, uniquement, dans toute cibâda (adoration) qu’il accomplit et tout acte d’obéissance avec lequel il se rapproche d’Allâh. Celui qui détourne la moindre partie de l’adoration d’Allâh vers autre que Lui ; celui-là aura associé dans l’adoration du majestueux Allâh. Il aura perdu la plus affligeante perte, son œuvre se verra annulée et Allâh n’acceptera de lui ni excuse ni expiation…
Aussi, les paroles de la talbiya ne sont pas de simples mots dénudés de sens, au contraire, elles renferment de profonds sens et de grandes indications qui ne sont autres que l’âme de la foi, sa base et le fondement sur lequel elle sera bâtie : le tawhîd (l’unification) d’Allâh, élevé soit-Il. C’est pour cela qu’il est indispensable pour celui qui proclame haut et fort ces grandes paroles de garder à l’esprit les sens qu’elles renferment ainsi que les indications qu’elles contiennent; afin qu’il soit sincère dans ce qu’il proclame et que ses paroles soient conformes à la réalité de son état…
Lorsque le musulman dit dans sa talbiya : (lâ charîka lak) (sans aucun associé avec Toi), il doit connaître la réalité du chirk (l’association dans l’adoration), être conscient de son danger et faire absolument attention à ne pas s’y laisser tomber ni s’approcher de ses causes, de ses instruments ou de ses voies…
Car l’issue du chirk est tragique, sa fin est douloureuse et ses dangers sont considérables. Celui qui le commet ne gagne que la déception, la privation, l’avilissement et la perte. C’est également le plus grand péché commis à l’encontre d’Allâh.
Voici un ensemble de grands enseignements et de précieux trésors que renferment les grandes paroles de la talbiya et qui montrent sans le moindre doute l’importance de s’occuper de la compréhension des sens de ces paroles, et que s’occuper soigneusement de cela aidera l’homme à accomplir ce culte d’une manière parfaite et dans les meilleures conditions. Ces enseignements sont résumés du livre d’Ibn Al-Qayyim – que la miséricorde d’Allâh soit sur lui – : «Tahdhîb as-sounan».
Parmi ces enseignements, nous citerons les suivants :
*Lorsque tu dis (labbayk) (me voici) cela implique que tu répondes à quelqu’un qui t’a invité et qui t’a appelé. Dans cela il y a : la confirmation que le fait de parler est l’un des attributs d’Allâh.
* Cela exprime aussi l’amour, car on ne dit (labbayk) (me voici) qu’à celui qu’on aime et qu’on vénère.
*La talbiya implique l’assiduité dans la cibâda (l’adoration). C’est pour cela qu’il fut dit qu’elle provient de l’iqâma (le fait de demeurer) c’est-à-dire : Je demeure obéissant (à Toi).
*Elle exprime la soumission et l’humilité, c’est-à-dire : Soumission après soumission.
*Elle exprime l’ikhlâs (la purification). C’est pour cela qu’il fut dit qu’elle provient du loubb (le cœur) qui est l’essence pure (de toute chose).
*Elle exprime la confirmation de la qualité de l’audition d’Allâh, car il est impossible que l’homme dise (labbayk) (me voici) à celui qui n’entend pas son invocation.
*Elle exprime le fait de chercher à se rapprocher d’Allâh. C’est pour cela qu’il fut dit : qu’elle provient du ‘ilbâb qui signifie : chercher à se rapprocher.
*Elle fut placée lors de l’ihrâm comme signe de changement d’un état à un autre et d’un rite à un autre, ressemblant ainsi au takbîr (dire Allâhou akbar) qui annonce dans la salât (prière) le passage d’un roukn (pilier) à un autre.
*Elle est le symbole du tawhîd (l’unification d’Allâh) qui est la religion d’Abraham (que le salut soit sur lui) et qui est l’âme du hajj et son but. Plus encore, c’est l’âme de tous les cultes et leur finalité. C’est pour cela que la talbiya est la clef de ce culte ; avec laquelle on y entre.
*Elle contient la clef du Paradis et la porte de l’Islâm par lequel on y pénètre et qui n’est autre que la parole de l’ikhlas (la purification) et le témoignage qu’Allâh n’a aucun associé.
*Elle contient le hamd (la louange) d’Allâh, qui est la chose la plus aimée d’Allâh avec laquelle l’homme se rapproche de Lui. Les gens du hamd (la louange) sont les premiers à être appelés à entrer au Paradis et la salât commence et se termine par celui-ci.
*Elle exprime la reconnaissance que toutes les grâces proviennent d’Allâh. C’est pour cela qu’il lui fut ajouté l’article défini (ال) qui indique le fait de tout englober. C’est-à-dire que : toutes les grâces sont les Tiennes et c’est Toi qui les donnes et les prodigues.
* Elle exprime la reconnaissance que la royauté appartient exclusivement à Allâh et que toute royauté hormis la Sienne est fictive.
*La talbiya indique la réunion de trois qualités d’Allâh, élevé soit-Il : la royauté, la grâce et la louange. Ceci est un type d’éloge différent de l’éloge qui est fait en citant chacune de ces grandes qualités séparément.
*Le Prophète a dit : «La meilleure chose que j’ai dite, moi et les Prophètes avant moi: Nulle divinité ne mérite l’adoration sauf Allâh, seul sans associé. La royauté et la louange sont les siennes et Il parfaitement capable de faire toute chose.» Or, la talbiya contient textuellement tous ces mots et referme leurs sens.
*Les mots de la talbiya contiennent la réponse à tout négateur des qualités d’Allâh et de Son unification.
*Il y a une subtilité dans le fait de dire deux fois : (lâ charîka laka) (sans aucun associé avec Toi) ; la première fois étant après avoir répondu à l’appel d’Allâh en disant (labayk) (me voici) et la deuxième fois après avoir dit : (‘inna-l-hamda wa an-nicmata laka wa-l-moulk) (la louange, la grâce sont les Tiennes ainsi que la royauté). La première exprime qu’Il n’a aucun associé lorsque l’on répond à Son appel et la seconde exprime qu’Il n’a aucun associé ni dans la louange ni dans la grâce ni dans la royauté.[9]
***
Les endroits des mawâqît (les lieux de sacralisation) et leur délimitation :
Les lieux des mawâqît :
*Il y a cinq mawâqît :
* Le premier : «Dhou-l-Houlayfa», qui est le mîqât des habitants d’Al-Madîna.
*Le second : «Al-Jouhfa», qui est le mîqât des habitants du Châm[10].
*Le troisième : «Qarn Al-Manâzil», qui est le mîqât des habitants de Najd et qui s’appelle aujourd’hui : «As-Sayl».
*Le quatrième : «Yalamlam», qui est le mîqât des habitants du Yémen.
*Le cinquième : «Dhatou Cirq», qui est le mîqât des habitants de l’Iraq.
*Ces mawâqît furent établis par le Prophète pour ceux qu’on a cités ainsi que pour toute autre personne les traversant voulant le hajj et la coumra.
Le devoir de celui qui passe par les mawâqît voulant accomplir le hajj ou la coumra :
*Il est du devoir de celui qui les traverse d’y entreprendre son ihrâm (sacralisation).
* Il lui est interdit de les dépasser sans ihrâm, s’il se dirige vers Makka voulant accomplir le hajj ou la coumra, et cela est égal qu’il les traverse par route ou par air.
*[Celui qui dépasse le mîqât oubliant, ignorant ou dormant, il y a deux cas de figure :
Le premier cas : Il n’a pas encore eu la niyya (l’intention) d’entamer son rite. Celui-là doit revenir à son mîqât pour faire son ihrâm. Son ihrâm est juste et aucune réparation n’est exigée de lui.
Le deuxième cas : Il a eu la niyya (l’intention) d’entamer son rite après avoir dépassé le mîqât. Celui-là doit immoler une offrande et il ne lui servira à rien de revenir au mîqât pour faire son ihrâm.]
Qu’est-il prescrit de faire pour celui qui se dirige vers Makka, par avion, pour accomplir le hajj ou la coumra ?
*Il est prescrit à celui qui se dirige vers Makka, par avion, désirant accomplir le hajj ou la coumra de :
* Se préparer à cela en réalisant son ghousl (grandes ablutions) et autres préparatifs avant de monter dans l’avion. Ainsi, lorsqu’il s’approchera du mîqât, il portera son izâr (étoffe intérieure) et son ridâ’ (étoffe extérieure) puis il prononcera la talbiya de la coumra.
*Et s’il porte son izâr et son ridâ’ avant l’embarquement ou bien avant d’approcher du mîqât, ceci est aussi bien, mais il ne doit pas avoir la niyya (l’intention) d’entamer le rite et ne doit prononcer la talbiya que lorsqu’il se trouvera au niveau du mîqât ou s’en rapprochera, car le Prophète n’a entamé son ihrâm qu’à partir du mîqât.
*Tandis que celui qui se dirige vers Makka sans vouloir accomplir ni hajj ni coumra – tel que le commerçant, le bûcheron ou autres – ; celui-là n’est pas obligé de faire l’ihrâm, sauf s’il le veut.
[Attention : L’avion passe au-dessus du mîqât à grande vitesse, le pèlerin en état d’ihrâm doit donc se préparer avant d’arriver au mîqât et s’empresser d’entrer dans le rite dès l’annonce.
Il convient de prêter attention à un point important : dans certains avions, l’heure d’arrivée au mîqât est annoncée, puis lorsqu’ils arrivent au mîqât, ils ne font pas d’annonce une seconde fois.
Si le moment de passer à la hauteur du mîqât arrive alors que l’on n’a pas pu se revêtir de l’ihrâm ou que l’on n’a pas l’habit de l’ihrâm, il n’y a pas de mal à ce que l’on formule l’intention d’entrer dans le rite même avec des vêtements ordinaires, puis on les enlève dès que l’on a l’habit de l’ihrâm. Mais on doit offrir une expiation (fidya) pour le port de vêtements cousus].
Quel est l’endroit de l’ihrâm de celui qui réside à l’intérieur des limites des mawâqît, ainsi que celui qui est à l’intérieur du Haram[11] ?
*Celui qui réside à l’intérieur des mawâqît [c’est-à-dire : entre Makka et les mawâqît] n’a pas à se déplacer jusqu’à un des cinq mîqât cités précédemment, car son mîqât est le lieu où il réside ; il y fait donc son ihrâm.
*Par contre celui qui veut accomplir la coumra et qui se trouve dans le Haram, celui-là doit sortir au hill (l’extérieur du Haram) et y effectuer son ihrâm pour la coumra.
Le statut de celui qui arrive au mîqât en dehors des mois du hajj :
*Sache que celui qui arrive au mîqât a deux situations :
* Qu’il y arrive en dehors des mois du hajj – comme Ramadhân et Chacbân – ou bien pendant les mois du hajj qui sont : Chawwâl, Dhoul-Qicda, et les dix premiers jours de Dhoul-Hijja.
* Celui qui arrive au mîqât en dehors des mois du hajj : la Sounna pour celui-ci est : qu’il se mette en état d‘ihrâm pour la coumra. Il formule donc l’intention dans son cœur et la prononce avec sa langue en disant : (Labbayka coumra), ou : (Allâhoumma labbayka coumra).
Puis il récite la talbiya du Prophète ﷺ et redouble d’ardeur dans sa talbiya et dans le dhikr (l’évocation) d’Allâh, élevé soit-Il, jusqu’à ce qu’il arrive au Bayt (la Maison).
Lorsqu’il arrive à la Kacba, il cesse la talbya, et accomplit le tawâf autour de la Kacba sept tours, prie deux rakcât (unités de prière) derrière le Maqâm, puis sort vers As–Safâ, et accomplit le sacyy entre As–Safâ et Al-Marwa sept achwât (aller-retours), puis se rase les cheveux de la tête ou les raccourcit, et ainsi sa coumra est accomplie, et tout ce qui lui était interdit par l’ihrâm lui devient licite.
Le statut de celui qui arrive au mîqât pendant les mois du hajj :
*Celui qui arrive au mîqât pendant les mois du hajj – qui sont : Chawwâl, Dhoul-Qicda, et les dix premiers jours de Dhoul-Hijja – a le choix entre trois choses, qui sont :
Le hajj seul, ou la coumra seule, ou les deux ensemble.
Car le Prophète ﷺ lorsqu’il arriva au mîqât durant Dhoul-Qicda lors du hajj d’adieu, il donna le choix à ses Compagnons entre ces trois rites.
Mais la Sounna pour celui-ci – également – s’il n’a pas de hadiyy (offrande) avec lui : qu’il se mette en état d’ihrâm pour la coumra, et fasse ce que nous avons mentionné pour celui qui arrive au mîqât en dehors des mois du hajj.
Et la Sounna pour celui qui a amené le hadiyy (offrande) : qu’il se mette en état d’ihrâm pour le hajj et la coumra ensemble.
Et si celui qui a amené le hadiyy (offrande) s’était mis en état d’ihrâm pour le hajj seul, il reste également dans son état d’ihrâm jusqu’à ce qu’il se désacralise le jour du Nahr, comme celui qui fait le qirân entre les deux.
On comprend par cela : que celui qui s’est mis en état d’ihrâm pour le hajj seul, ou pour le hajj et la coumra sans avoir de hadiyy (offrande) avec lui, il ne convient pas qu’il reste dans son état d’ihrâm, mais la Sounna pour lui : qu’il transforme son ihrâm en coumra, puis fasse le tawâf, le sacyy, se raccourcisse les cheveux et se désacralise, sauf s’il craint de manquer le hajj en étant arrivé en retard, alors il n’y a pas de mal à ce qu’il reste dans son état d’ihrâm.
L’ichtirât (poser une condition) et son intérêt :
*Si le mouhrim (celui qui est en état d’ihrâm) craint de ne pouvoir terminer son rite, du fait qu’il soit malade ou a peur d’un ennemi ou autre, il lui est recommandé de dire lors de son ihrâm: (et si un obstacle m’arrête, mahillî (la fin de mon ihrâm) est là où Tu m’auras arrêté.) en raison du hadîth de Dhoubaca Binti-z-Zoubayr (qu’Allâh agrée) qui a dit : «Messager d’Allâh! Je veux accomplir le hajj, et je suis souffrante. Alors le Prophète lui dit : «Fais ton hajj, et pose comme condition : mahillî (la fin de mon ihrâm) sera là où Tu m’auras arrêtée.» Mouttafaqoun calayh[12].
*L’intérêt de cette condition est : que si quelque chose empêche le mouhrim de terminer son rite, tel qu’une maladie ou un ennemi, il lui est permis de mettre fin à son ihrâm sans aucune expiation.
[Beaucoup de gens pensent que l’ichtirât est toujours recommandé, alors qu’en réalité il n’est prescrit que pour celui qui en besoin.]
Note et références :
[1] Mîqât : limite connue autour de Makka, indiquée pas le prophète ﷺ, que le mouctamir et le pèlerin ne doivent pas dépasser sans se mettre en état d’ihrâm (de sacralisation).
[2][Voir «Fatâwa ach-chaykh Mouhammed Ibn Sâlah Al-COuthaymîn – que la miséricorde d’Allâh soit sur lui-» (22/422]
[3] Le casfar (carthame) : plante qui teint le tissu d’une couleur rouge.
[4] (Me voici pour accomplir une coumra)
[5] (Ô Allâh, Me voici pour accomplir un hajj)
[6] (Ô Allâh, Me voici pour accomplir un hajj et une coumra)
[7] La prononciation de la formule précédente : Labbayka coumra.
[8] Zhouhr : prière rituelle à partir du moment où le soleil commence à descendre de son point de culmination et que l’ombre change de direction (début de l’après-midi).
[9] [Voir : «Douroûs caqadiyyatoun moustafâdatoun mina-l-hajj», par chaykh docteur : CAbdarrazzâq Ibn CAbdalmouhsin Al-Badr. Résumé librement.]
[10] Ach-Châm : la Syrie, la Jordanie, le Liban et la Palestine.
[11] Haram : surface autour de la mosquée Harâm délimitée par des bornes connues.
[12] Mouttafaqoun calayh : hadîth rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim.
Extrait de : «At-tahqiqou wa-l-‘îdhâhou li-kathîrin min masâ’ili-l-hajji wa-l-coumrati wa-z-ziyârati calâ dhaw’i-l-Kitâbi wa-s-Sounna». Par son éminence chaykh cAbdalcazîz Ibn cAbdAllâh Ibn Bâz. – que la miséricorde d’Allâh soit sur lui -. Traduit par Tamime Khemmar.

