Florence Bergeaud-Blackler – Et si le vivre-ensemble effrayait certains chercheurs et milliardaires ?

Introduction : Florence Bergeaud-Blackler est une  » anthropologue  » du CNRS connue pour ses  » travaux  » sur les normes religieuses islamiques (marché du halal) et plus récemment sur ce qu’elle nomme le « frérisme ». Invitée à La Réunion pour parler de ces questions, sa venue suscite aujourd’hui un vif débat.

Ses thèses centrales – d’une part, que le halal serait une « tradition inventée » issue d’un deal entre capitalisme mondialisé et islamisme fondamentaliste – fr.wikipedia.org, d’autre part, que les Frères musulmans mènent une stratégie globale « économique et culturelle » pour imposer la charia en Occident – fr.wikipedia.orgsont extraordinairement ridicules.

Cet article contextualise sa démarche, rappelle les critiques scientifiques dont elle fait l’objet, évoque ses liens avec le mécène Pierre‑Édouard Stérin, son orientation de facto, et souligne aussi pourquoi ces discours alarmistes sont étrangers au modèle réunionnais de « vivre-ensemble ». Il appelle enfin les Réunionnais à la vigilance face à toute instrumentalisation idéologique qui viserait à casser l’harmonie multiculturelle de l’île.

Qui est Florence Bergeaud-Blackler ?

Florence Bergeaud-Blackler est  » anthropologue  » et chargée de recherche au CNRS (Laboratoire Triangle). Elle a fondé le Centre européen de recherche et d’information sur le frérisme (CERIF), qu’elle préside. Ses travaux portent sur les dynamiques religieuses et économiques dans les sociétés occidentales, en particulier le halal et l’« islam politique » selon elle. À ce titre, elle a publié en 2017 Le Marché halal ou l’invention d’une tradition et, en 2023, Le Frérisme et ses réseaux (préfacé par Gilles Kepel). Dans ses interventions médiatiques, elle dénonce  » l’influence  » des Frères musulmans comme un islamisme transnational agissant depuis les pays non musulmans (depuis les années 1960) pour « soumettre l’Europe aux normes du fondamentalisme islamique », notamment via la culture, l’économie et le marché halal – fr.wikipedia.orgfr.wikipedia.org. Son discours se présente en apparence comme une mise en garde contre un prétendu « séparatisme islamiste », mais il repose sur des interprétations ridicules, orientées et largement discutées dans le champ académique. On comprend que ce qui dérange au fond, c’est la visibilité Musulmane et leur nombre, tout simplement.

Ses thèses profondément grotesques sur le halal et l’« islam politique »

Dans Le Marché halal, Bergeaud-Blackler soutient que le halal est un phénomène récent, marketing et économique, et non une tradition spirituelle immémoriale – fr.wikipedia.org. Nous proposerons une note concernant cela ci-dessous. Selon elle, le développement du halal se serait accéléré à partir des années 1980 via un « deal » entre pays islamiques et marchands capitalistes, notamment après la révolution iranienne de 1979 qui a imposé la ritualisation de l’abattage aux fournisseurs étrangers – fr.wikipedia.org. Elle décrit le marché halal mondial (635 milliards $/an) comme une coproduction entre « l’économie néolibérale mondialisée » et les « mouvements fondamentalistes de l’islam » – fr.wikipedia.org. Cette vision fait du halal, sous son angle, plus une « norme » commerciale qu’un héritage religieux originel. Sur l’« islam politique », elle parle d’un « frérisme » mondial : pour elle, il s’agirait d’une  » stratégie des Frères musulmans  » qui irait bien au-delà de l’action politique traditionnelle, visant à imposer progressivement ses codes dans l’économie et la culture occidentales – fr.wikipedia.org. Elle associe à cette « mouvance frériste » des pratiques musulmanes ordinaires (port du voile, nourriture halal, associations cultuelles, etc.), qu’elle interprète comme « points d’appui » d’une implantation idéologique ce qui démontre que ce qui est ciblé ici, à travers ses thèses grotesques, c’est bien l’islam et les pratiques du musulman lambda. Tout simplement.

Les controverses et critiques scientifiques

Les analyses de Florence Bergeaud-Blackler ont suscité une vive controverse dans le monde académique. Plusieurs spécialistes pointent une rigueur méthodologique douteuse, des approximations factuelles et une tonalité manifestement polémique plutôt que scientifique. Par exemple, Mohammed Hocine Benkheira (EPHE) critique fortement son étude sur le halal : il y voit une « méconnaissance de la doctrine islamique de la boucherie » qui invalide l’analyse et les conclusions de l’ouvrage.

Une recension détaillée dans la Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée (2024) note des « faiblesses méthodologiques », des « inexactitudes et approximations empiriques », ainsi qu’un style « polémique » usant de « comparaisons animalières » et de descriptions dénigrantes – fr.wikipedia.org.

D’autres chercheurs ont dénoncé la thèse du « frérisme » comme une invention complotiste. Un critique dans Orient XXI (Rafik Chekkat) va jusqu’à comparer son approche à celle de l’antisémitisme de Drumont : selon lui, Bergeaud-Blackler chercherait à « dénouer dans la société l’élément ‘frériste’ — qui était naguère l’élément juif » – fr.wikipedia.org. Le Monde a souligné que sa définition du frérisme est tellement vaste qu’elle en « rate son objet », et a sévèrement critiqué sa liste d’« alliés objectifs » du frérisme (dénonçant militants décoloniaux, écologistes ou gauchistes parmi les complices) – fr.wikipedia.org.

En somme, nombreux sont les observateurs universitaires à considérer que ses travaux relèvent davantage d’un point de vue idéologique (voire « islamophobe » selon certains) que d’une enquête scientifique rigoureuse.

Liens financiers et idéologiques avec Pierre‑Édouard Stérin

Notons que Florence Bergeaud-Blackler ne travaille pas dans un isolement idéologique : elle est liée au milieu de l’« extrême droite intellectuelle » française par ses financements. En 2024, son CERIF a bénéficié du mécénat de Pierre‑Édouard Stérin, un milliardaire catholique très actif politiquement. Stérin a lancé son projet « Périclès » promettant d’investir chaque année des dizaines de millions d’euros pour soutenir des institutions de droite radicale.

Le CERIF de Mme Bergeaud-Blackler figure parmi les quelque 24 structures (think tanks, associations, médias) financées dans ce cadrefr.wikipedia.org. Le journal Politis la liste même parmi ces « structures islamophobes ou sécuritaires » soutenues par Stérin, aux côtés d’organisations ouvertement liées à l’extrême droite – politis.fr. Par ailleurs, Mme Bergeaud-Blackler anime régulièrement des conférences organisées par des élus du Rassemblement national ou d’associations conservatrices (par exemple le Printemps de la liberté d’expression à Perpignan avec Louis Aliot ou un meeting contre « l’islamisme » organisé par Éric Zemmour). Ces éléments montrent que ses travaux s’inscrivent dans un réseau idéologique où convergent financiers et militants de l’identité culturelle, plutôt que dans un débat scientifique neutre.

La Réunion : un vrai « vivre-ensemble » multiculturel

Ces théories importées se confrontent à la réalité réunionnaise. L’île de La Réunion est historiquement un creuset multiculturel : population métisse issue de colons, d’esclaves venus d’Afrique et de Madagascar, d’engagés indiens (hindous et musulmans), de Chinois, etc. Les Réunionnais célèbrent régulièrement cette diversité (par ex. la Fête du 20-Décembre, abolition de l’esclavage), avec la participation conjointe de toutes les communautés. Le Monde note que lors des commémorations et fêtes publiques, « partout, on se retrouve dans la rue, que l’on soit yab (Créole blanc), malbar (originaire du Sous-continent indien), zarab (musulman d’origine gujaratie), cafre (descendant d’esclaves africains), chinois, malgache ou zorey (métropolitain) » – lemonde.fr. En pratique, les rencontres interreligieuses (ainsi l’Aïd ou Pongal côté musulman et hindou) se font dans la convivialité générale. Aucun conflit communautaire majeur ne marque le quotidien réunionnais : le « vivre-ensemble » y est une réalité confirmée par l’attachement des habitants à la cohésion sociale et à la laïcité partagée. Dans ce contexte, la diabolisation des pratiques halal ou du port du voile apparait non seulement injustifiée, mais aussi dangereuse pour le fragile équilibre local.

L’obsession du « frérisme » : amalgames et stigmatisation

Sur la scène nationale, la campagne anti-« frérisme » tend justement à mêler sans distinction visibilité musulmane et « radicalisme ». Tout signe extérieur de religiosité – restauration halal, port du hijab, éducation religieuse – est suspecté à tort d’être un cheval de Troie des Frères musulmans. Des analyses critiques dénoncent ce glissement : d’un rapport officiel sur le frérisme jusqu’aux discours politiques, l’islam est ici présenté comme un « ennemi intérieur » et un complot rampant – contre-attaque.net.

Un article de gauche qualifie cette opération de « délire islamophobe » du gouvernement, fondé sur des « mensonges et une rhétorique complotiste » visant « des millions de personnes de confession musulmane » comme s’il s’agissait d’une menace généralisée – contre-attaque.net.

De même, un éditorial du magazine Regards met en garde : focaliser « les peurs sur une fraction de l’islam » ne fait que semer « angoisse, refus de l’autre, ressentiment », préparent le terrain à la montée de l’extrême droite – regards.fr.

Autrement dit, derrière le prétexte du « frérisme », on en vient à amalgamer abusivement croyants pieux et militants fanatiques, reléguant au second plan les véritables enjeux sociaux. Ce jeu d’amalgame indiscriminé vise in fine non pas la « radicalité » en tant que telle, mais l’ensemble de la communauté musulmane.

Conclusion – Appel à la vigilance réunionnaise

Face à ces discours importés, il est vital que la population réunionnaise reste vigilante. Florence Bergeaud-Blackler peut parler de menaces « fréristes » ou d’un prétendu hijab radical, mais ces vues doivent être confrontées à la réalité locale : la longue histoire du pluralisme et du métissage à La Réunion. Aucun besoin n’existe ici d’un bilan de sorcellerie idéologique dicté par des lobbies extérieurs. Si l’on peut naturellement débattre de questions religieuses ou sociales, il faut refuser tout discours qui dresserait les citoyens les uns contre les autres sur des bases fictives. En fin de compte, c’est bien la préservation de l’harmonie multiculturelle réunionnaise qui doit primer : chaque Réunionnais (qu’il soit yab, zarab ou malbar) partage avant tout la volonté de vivre ensemble dans le respect mutuel. Ne laissons personne instrumentaliser cette belle tradition de coexistence pour y insuffler division et méfiance.

Sources : Diverses…

Note importante : Le Halal, tout comme le Hijab, est Coranique, Islamique, et depuis toujours…

1. Le halal est un ordre divin clair et explicite

« Ô gens ! Mangez de ce qui est licite (halal) et bon (tayyib) sur la terre. Et ne suivez point les pas du Diable, car il est certes pour vous un ennemi déclaré. »
(Sourate al-Baqara, 2:168)

➡️ Ce Verset rappelle que le halal est prescription Islamique


2. Allah a interdit certains aliments, pas le reste

« Il vous a seulement interdit la bête trouvée morte, le sang, la viande de porc et ce sur quoi un autre nom que celui d’Allah a été invoqué. »
(Sourate al-Baqara, 2:173)

➡️ Cela montre que la règle générale est la permission, sauf ce qu’Allah a clairement interdit, ce qui n’est pas halal.


3. Le halal est lié à l’invocation du nom d’Allah

« Ne mangez pas de ce sur quoi le nom d’Allah n’a pas été prononcé, ce serait assurément une perversité. »
(Sourate al-An‘âm, 6:121)

➡️ Ce verset établit un lien spirituel fondamental entre l’abattage halal et le rappel d’Allah. Ce n’est donc ni un rituel vide ni une stratégie économique, mais un acte de Foi et de conscience n’en déplaise à Bergeaud-Blakler et à Stérin.


4. Le halal n’est pas une invention moderne mais une tradition Coranique et aussi Prophétique

Le Prophète ﷺ a dit :
« Ce qui est licite est clair, et ce qui est illicite est clair, et entre les deux il y a des choses douteuses que beaucoup de gens ne connaissent pas. Celui qui s’écarte des choses douteuses préserve sa religion et son honneur. »
(Hadith authentique – al-Bukhârî et Muslim)

➡️ L’éthique du halal est aussi morale et prudente : elle encourage à la pureté intérieure, au respect de la loi divine, loin de tout extrémisme ou fanatisme.


5. Le halal est un élément de gratitude envers Dieu

« Mangez donc de ce qu’Allah vous a attribué, de ce qui est licite et bon. Et soyez reconnaissants des bienfaits d’Allah, si c’est Lui que vous adorez. »
(Sourate an-Nahl, 16:114)

➡️ Le halal est un acte de reconnaissance et non une « obsession identitaire » : il s’inscrit dans une relation verticale entre le croyant et son Créateur, loin des fantasmes de contrôle communautaire.


6. Même en cas de nécessité, la règle est souple

« Quiconque, contraint par la nécessité, sans abus ni transgression, n’encourt aucun péché : car Allah est Pardonneur et Miséricordieux. »
(Sourate al-Baqara, 2:173)

➡️ La sharī‘a n’est pas rigide : elle s’adapte à la réalité. Là encore, cela réfute les accusations de « fondamentalisme rigide » liées à l’alimentation halal.


En résumé :

  • Le halal est un principe révélé, ancré dans les Textes et pratiqué depuis 1400 ans.

  • Il est lié à la Foi, à la gratitude, à la pureté et à la modération.

  • Il n’est pas une « invention récente » ni une « stratégie de domination », mais une loi spirituelle et morale, universelle et miséricordieuse.

By Michael

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *