Un prétexte de « légitime défense » pour un bombardement massif
Dans la nuit du 12 au 13 juin, Israël a déclenché une offensive aérienne contre l’Iran, mobilisant près de 200 avions de combat. Tel-Aviv présente cette attaque comme de la « légitime défense » face à la menace nucléaire iranienne, mais en réalité le raid a frappé aussi des cibles civiles et provoqué un bilan humain désastreux. En quelques jours, on dénombre plus de 200 morts côté iranien – en majorité des civils – et des infrastructures vitales ont été touchées.
Soutien occidental et récit médiatique biaisé
Bien qu’Israël soit l’agresseur, les dirigeants occidentaux ont aussitôt soutenu son offensive. Emmanuel Macron a réaffirmé le « droit d’Israël à se défendre » – un « blanc-seing » selon le politologue Jean-François Bayart – entérinant la version israélienne et occultant que l’État hébreu a initié les hostilités. Cette posture a indigné la gauche française, qui appelle à la désescalade, tandis qu’à droite des éditorialistes ultras tels Kevin Bossuet ou Éric Zemmour prônent une riposte sans limite, allant jusqu’à invoquer le 7 octobre pour justifier une « guerre éternelle » sans lien avec l’Iran.
Dans les médias dominants, le récit officiel israélien imprègne les esprits. La novlangue sécuritaire y présente l’agresseur en victime : « l’agression, c’est le “droit légitime de se défendre” » observe Bayart. La diabolisation de l’« ennemi musulman » alimente un fantasme de guerre des civilisations dont l’importation en France, par les médias et nullement les Musulmans de ce pays, fracturerait davantage la société puisqu’elle participe de facto à alimenter l’islamophobie d’atmosphère déjà très présente.
Stratégie du chaos et impunité israélienne
Géopolitiquement, ce conflit s’inscrit dans une stratégie israélienne de longue haleine. La spécialiste Agnès Levallois souligne que l’objectif de Netanyahou est de remodeler le Moyen-Orient afin qu’Israël en soit la puissance dominante – radiofrance.fr. Un dessein qui rappelle le « plan israélien Oded Yinon » de 1982, préconisant la fragmentation des États voisins pour assurer la suprématie israélienne.
Le deux-poids-deux-mesures occidental est flagrant sur le nucléaire. Israël – non signataire du Traité de non-prolifération et puissance nucléaire officieuse – se permet de bombarder un État signataire dépourvu d’armes atomiques. Et ça passe normal ?!!
Noam Chomsky souligne que la « guerre contre le terrorisme » menée par Washington n’a fait qu’étendre celui-ci, le chaos de ces interventions servant de terreau au même terrorisme – truthout.org. Israël semble jouir d’une impunité totale pour ses violations du droit international, à la faveur de son alliance avec l’Occident et d’un discours sécuritaire masquant sa politique expansionniste et coloniale – blogs.mediapart.fr.
En somme, cette escalade illustre un schéma cynique : un État puissant agresse au nom de sa « sécurité », des alliés occidentaux cautionnent malgré les crimes, la propagande médiatique inverse les rôles – et au final, un Moyen-Orient toujours plus fragmenté et instable. Les voix critiques appellent à briser ce cycle en imposant enfin le respect du droit international.

