Les USA toujours à distiller guerres et chaos :
Ce matin, les États-Unis ont lancé une attaque ciblée contre plusieurs installations nucléaires civiles iraniennes. Une décision lourde de conséquences, alors même que Washington continue de prôner la « désescalade » avec Téhéran tout en fermant les yeux sur l’agression persistante d’Israël à Gaza.
L’attaque survient dans un contexte déjà explosif : cela fait près de deux ans que les civils palestiniens subissent des bombardements quotidiens, dans une quasi-impunité internationale. Pourtant, aucune mobilisation militaire occidentale n’a été engagée pour mettre fin à ces exactions. À l’inverse, pour défendre les intérêts israéliens et empêcher l’émergence d’une puissance régionale concurrente, les États-Unis semblent prêts à faire basculer le monde dans un nouveau conflit global.
Un double standard évident
Le paradoxe est saisissant. Alors qu’Israël multiplie les frappes dans la région – y compris contre des objectifs civils –, c’est l’Iran, pays souverain, qui est ciblé au nom de la « sécurité régionale ». La destruction ou l’endommagement d’installations nucléaires civiles comporte un risque majeur pour les populations alentour, en plus de constituer une violation flagrante de la Charte des Nations Unies.
Il est à noter que l’Iran avait, jusqu’ici, évité l’escalade directe, mais après cette attaque, la riposte semble inévitable. Une réponse ciblant à son tour des infrastructures stratégiques – notamment énergétiques – dans la région, comme les centrales israéliennes ou les bases militaires américaines, est désormais redoutée.
Le détroit d’Ormuz : un point de bascule

Comme le montre la concentration inhabituelle de navires dans le détroit d’Ormuz (voir carte ci-dessus), la région est en état d’alerte. Ce détroit, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, pourrait être temporairement bloqué en cas de représailles iraniennes. Une telle fermeture provoquerait immédiatement une flambée des prix du pétrole sur les marchés internationaux. Le baril pourrait atteindre voire dépasser les 150 dollars, avec des conséquences économiques en chaîne : inflation mondiale, crise énergétique, fragilisation des économies les plus vulnérables.
Un scénario catastrophe au service d’un seul État ?
Ce qui inquiète le plus les observateurs, c’est la facilité avec laquelle les États-Unis semblent engager des opérations militaires de grande envergure… dès lors qu’il s’agit de défendre Israël, d’empêcher l’apparition de concurrents régionaux. Cette attaque contre l’Iran n’est pas seulement une provocation. Elle souligne aussi une hiérarchie perverse des préoccupations internationales : empêcher un État d’accéder à une autonomie énergétique et militaire semble plus urgent que d’arrêter le massacre de dizaines de milliers de civils à Gaza. Malheureusement…
Et maintenant ?
Il est encore trop tôt pour évaluer précisément les retombées de cette attaque. Mais une chose est sûre : la voie du dialogue semble de plus en plus bouchée. Et chaque nouvelle frappe rapproche un peu plus la région – et le monde – d’une guerre ouverte. L’heure est à la responsabilité. Mais à voir les dernières décisions de Washington, cette responsabilité semble tristement absente.

