Expulsés de leur territoire, les Palestiniens ont été privés de leurs terres cultivables qui leur permettaient de vivre. Piégés par une colonisation qui n’en finit pas, les Palestiniens se débrouillent avec leurs maigres moyens. Les familles ont du mal à pourvoir aux besoins des leurs.
Dans un camp de réfugiés de Bethléem, les mères de famille ont toutefois trouvé un moyen ingénieux pour améliorer le quotidien. Elles ont installé des petits potagers sur leurs toits.
Draguitsa Alafandi, une bosniaque venue vivre en Palestine après son mariage avec Mustafa, fait partie de ces mères qui utilisent le système D pour s’en sortir. Cela fait des années qu’elle cultive du céleri, des betteraves, des concombres, de la menthe et des tomates. Une petite récolte plus que suffisante pour nourrir ses quatre enfants.
700.000 Palestiniens ont été expulsés par les israéliens en 1948, et des décennies plus tard, ils tentent toujours de survivre dans un territoire quasi totalement annexé.
Le camp de Deheisheh a été construit en 1949 pour accueillir 3.000 milliers villageois, aujourd’hui ce sont 15.000 Palestiniens qui s’y entassent, il est le deuxième plus grand camp de réfugiés de Cisjordanie.
Le camp a vu poussé au fil des années une multitude de petits jardins où chacun tente comme il peut de planter toutes sortes de fruits, de légumes ou de d’herbes aromatiques.
L’association Karama (dignité) a lancé l’idée en installant des micro-fermes pour aider les femmes du camp.
En leur proposant des serres, des semences ainsi qu’une formation agricole et des réservoirs, les Palestiniennes ont pu mener à terme ce projet.
« Il est désormais quasi-impossible d’acheter des terres », constate Draguitsa qui est comme ses voisines, confrontée à la dure réalité du quotidien. Lorsque son mari lui apporte un jour des graines de piment, c’est le déclic.
« A ce moment là, je me suis dit : Pourquoi ne pas planter des légumes ? » après avoir obtenu une serre, la mère de famille continue à utiliser les pots, les sacs et autres récipients recyclés, même si l’accès à l’eau reste de loin le plus gros problème du camp.
« Ça fait du bien de regarder des plantes et légumes grandir » déclare celle qui n’a jamais perdu espoir.
« À Deheisheh, je me sens exclue de tout. Mais avoir des plantes à entretenir c’est vraiment bien. Avoir quelque chose à mettre sur la table est un gros bonus. Ça fait vraiment du bien de regarder des plantes et légumes grandir. De nos jours, ceux que l’on achète sont tellement chargés de produits chimiques, ce sont plus des poisons que des aliments . »
Grâce aux potagers, leur nourriture s’est grandement améliorée. « Nous mangeons davantage de légumes frais, de salades et de soupes. Mon plus jeune fils, Aissa, adore monter ici et ramasser tout ce qu’il y a à manger ».
Et puis ce petit bout de coin vert permet à la famille d’oublier quelques instants qu’ils vivent dans un camp.
« Mes enfants aiment venir ici, s’asseoir et profiter simplement du bonheur d’être entourés de plantes. Je ne cultive pas que des plantes comestibles, mais également des plantes médicinales. C’est bon pour le moral. Ce jardin est vraiment un petit trésor, perdu au milieu d’un camp de fer et de béton. Les toits sont des endroits qui nous permettent de nous évader, puisque nous ne pouvons nous échapper nulle part ailleurs ».




