Les dix jours de Dhu-l-Hijja 2026 : la plus grande occasion de l’année

Des jours que le Seigneur des mondes a distingués

Le Prophète ﷺ a dit : « Il n’y a pas d’œuvre meilleure que celle qui est accomplie durant ces jours. »¹

Ces paroles prophétiques ne sont pas de simples mots lancés en l’air. Elles sont une vérité révélée, prononcée par celui qui ne parle pas sous l’effet de la passion, mais par inspiration divine. Elles nous invitent à prendre conscience d’une réalité que beaucoup d’entre nous négligent ou ignorent : il existe dans l’année des jours que le Seigneur des mondes a distingués au-dessus de tous les autres, des jours dans lesquels Il a concentré une grâce immense, une miséricorde sans pareille et une opportunité unique de se rapprocher de Lui.

Ces jours sont les dix premiers jours du dernier mois de l’hégire : Dhu-l-Hijja. Allâh — élevé soit-Il — les a distingués en les mentionnant dans Son noble Livre, car il dit (S : 89/V : 1-2) : (Par l’Aube, et par les dix nuits.) et les savants de l’exégèse coranique s’accordent à dire que ces dix nuits sont précisément les dix premiers jours de Dhu-l-Hijja.

Ces jours sont les meilleurs jours de l’année sans exception. Le Prophète ﷺ a confirmé cela explicitement, et les savants de l’Islam ont souligné à travers les siècles que celui qui laisse passer ces jours sans en profiter a perdu une immense occasion qui ne reviendra peut-être pas. Car la vie est courte, et nul ne sait si la prochaine saison de Dhû-l-Hijja le trouvera encore en vie.

Comment accueillir ces jours bénis ?

Tout noble invité doit être accueilli selon son rang. Or, ces dix jours sont privilégiés par Allâh et méritent donc, de notre part, une grande préparation et un soin particulier. Il ne s’agit pas de les laisser s’écouler comme s’écoulent les autres jours de l’année, dans la distraction, la paresse et l’insouciance, mais de les recevoir avec un cœur préparé, une âme purifiée et une volonté ferme de les mettre à profit.

1 — La repentance sincère : Il faut accueillir ces jours par la repentance et le retour vers Allâh sincèrement et de tout son cœur, quelle que soit la situation où l’on se trouve. Nul d’entre nous n’est exempt de péchés et de fautes. Nul ne peut prétendre avoir un cœur pur sans tache. Mais la porte de la repentance est ouverte, et Allâh — élevé soit-Il — l’ouvre encore plus grand en ces jours bénis. Allâh, subhânah, voit ce que renferme notre cœur. Il est donc plus utile pour nous de remplir notre cœur de sincérité, de remords et de repentance envers notre miséricordieux Seigneur. Une repentance sincère n’est pas une simple formule prononcée du bout des lèvres, mais un retour véritable : quitter définitivement le péché, regretter ce qui a été commis par le passé et avoir la ferme résolution de ne plus y revenir.

2 — La ferme décision de profiter de ces jours : Il faut aussi prendre la ferme décision de profiter de ces jours et de les remplir de bonnes œuvres, chacun selon sa capacité et ce qui lui est aisé de faire. Qu’Allâh soit loué, les œuvres de bienfaisance sont variées : il y en a pour le pauvre comme pour le riche, pour le malade comme pour le bien portant, pour le jeune comme pour le vieux. L’essentiel est de ne pas laisser une heure de ces jours s’écouler sans qu’elle ne porte le parfum d’une bonne œuvre. Planifie ton temps, dresse-toi un programme et tiens-toi y.

3 — S’éloigner des actes de désobéissance : Il faut aussi s’éloigner des actes de désobéissance qui ne font qu’éloigner l’homme et la femme de leur Seigneur. Or, les péchés nous privent de beaucoup de bien dans cette vie et dans la dernière vie. Ils ferment les portes de la miséricorde et empêchent les invocations d’être exaucées. Il faut donc s’en méfier, car ils peuvent nous priver du bien incommensurable de ces dix jours de miséricorde. Profiter des jours bénis tout en continuant à désobéir à Allâh est une contradiction que l’homme intelligent doit absolument éviter.

Quelles sont les œuvres que nous devons accomplir lors des dix jours de Dhu-l-Hijja ?

Les portes du bien sont nombreuses et variées en ces jours bénis. Voici les principales œuvres par lesquelles le musulman peut espérer la miséricorde d’Allâh et l’effacement de ses péchés :

1 — Le hajj et la ‘umra : Car celui qui peut accomplir le hajj ou la ‘umra durant ces dix jours méritera d’entrer au Paradis. Qu’y a-t-il de meilleur que cela ? Le hajj est le cinquième pilier de l’Islam, et le hajj agréé — comme l’a dit le Prophète ﷺ — n’a pour récompense que le Paradis. Si Allâh t’a accordé la capacité de te rendre à Sa Maison en ces jours bénis, sache que tu es parmi les élus de Son serviteur, et ne laisse rien ni personne te détourner de cette immense faveur.

2 — Le takbîr, le tahmîd, le tahlîl et le dhikr : Il faut multiplier, lors de ces jours, le takbîr (dire : Allâhu akbar²), le tahmîd (dire : Al-hamdu li-l-lâh³), le tahlîl (dire : lâ ‘ilâha illa-l-lâh⁴) et le dhikr (l’évocation) d’Allâh en général. Quelle œuvre facile ! Elle ne réclame qu’un mouvement de la langue et elle est pourtant des plus aimées d’Allâh, surtout si le cœur se représente les sens de ces brèves et profondes expressions. Les Compagnons du Prophète ﷺ avaient coutume de sortir dans les marchés ces jours-là en disant le takbîr à haute voix, et les gens répétaient après eux. Alors, rappelons cette Sunna oubliée et que nos langues ne s’arrêtent pas d’évoquer le Nom d’Allâh en ces jours précieux.

3 — La salât : qui est le plus prestigieux de tous les cultes. Il faut, lors de ces jours, préserver la salât obligatoire en groupe dans la mosquée et multiplier les salât surérogatoires. Car les œuvres surérogatoires font mériter l’amour d’Allâh, et l’amour d’Allâh est la plus grande des récompenses qu’un serviteur puisse obtenir dans cette vie. Prolonge tes prosternations, multiplie tes prières de la nuit, et si tu as des prières surérogatoires habituelles, sois encore plus assidu en ces jours bénis.

4 — Le jeûne : qui fait partie des meilleures œuvres, et le jeûneur sera récompensé par Allâh spécifiquement, au point qu’Allâh — élevé soit-Il — dit dans le hadîth qudsi : « Le jeûne est pour Moi, et c’est Moi qui le récompense. » Les jeûneurs entreront au Paradis par une porte spéciale qui s’appelle : Ar-Rayyân. Le Prophète ﷺ nous a appris que le jeûne du neuvième jour de Dhu-l-Hijja, qui est le jour de ‘Arafa, fait absoudre les péchés de l’année précédente et de l’année suivante. Deux années ! Quel grand mérite pour un seul jour de jeûne ! Que celui qui ne peut accomplir le hajj profite donc de ce jour extraordinaire en le jeûnant, et qu’il sache que sa récompense n’est pas moindre que celle du pèlerin debout sur les terres sacrées de ‘Arafa. Il est recommandé également de jeûner les huit premiers jours si on en est capable, et au minimum le neuvième jour qui est le jour de ‘Arafa.

5 — La sadaqa (l’aumône) : Il ne faut pas oublier les pauvres lors de ces dix jours et multiplier l’aumône en espérant qu’Allâh nous regarde d’un œil de miséricorde. Car Allâh fait miséricorde aux miséricordieux qui ont de la compassion envers Ses faibles créatures. La sadaqa éteint la colère du Seigneur, efface les péchés comme l’eau éteint le feu, et ouvre les portes du bien dans cette vie et dans la prochaine. En ces jours bénis, la sadaqa a une valeur décuplée. Donne donc généreusement, que ce soit avec de l’argent, de la nourriture, des vêtements ou même un sourire sincère sur le visage d’un frère ou d’une sœur dans la foi.

D’autres bonnes œuvres à ne pas négliger

La liste des bonnes œuvres est très longue. Nous n’en avons cité que les principales. Sinon, il y a la récitation, l’apprentissage et l’enseignement du Coran — car chaque lettre récitée est une bonne action —, birr al-wâlidayn (la bienfaisance envers les deux parents) qui est parmi les actes les plus aimés d’Allâh après la salât, prendre soin de ses proches parents, donner à manger aux gens, réconcilier les gens entre eux, s’occuper des orphelins, visiter les malades, nettoyer le chemin des passants, et bien d’autres encore.

Il y a aussi la prière sur le Prophète ﷺ, la demande de pardon (istighfâr), la lecture de livres de science, assister aux cercles d’apprentissage, appeler les gens au bien et les dissuader du mal, et profiter de chaque moment libre pour se rapprocher d’Allâh d’une manière ou d’une autre. Ne laisse pas ton téléphone portable ou les réseaux sociaux te voler ces moments précieux. Ces distractions sont le voleur silencieux du temps, et l’homme intelligent est celui qui sait gérer son temps avant que le temps ne le gère.

Une occasion à ne pas manquer

Ces dix jours sont une occasion unique que le Seigneur des mondes offre à Ses serviteurs une fois par an. Beaucoup d’entre nous ont laissé passer des années entières sans en profiter vraiment, sans réaliser leur véritable valeur. Aujourd’hui est peut-être la dernière chance. Nul ne sait si Dhu-l-Hijja prochain le trouvera encore en vie, en bonne santé, libre et capable. Alors, saisis cette occasion à bras-le-corps, et ne la laisse pas t’échapper.

Qu’Allâh fasse que nous soyons de ceux qui sortiront de cette grande occasion — celle des dix jours de Dhu-l-Hijja — avec un maximum de profits et de récompenses, et surtout en ayant nos péchés pardonnés et faisant partie de ceux qu’Allâh a couverts de Sa miséricorde. Qu’Il nous accorde la tawfîq (la réussite) de mettre en pratique ce que nous savons, et qu’Il nous préserve de la négligence et de la paresse. Âmîn.

Notes et références :

¹ Al-Bukhârî n° 969.

² Allâh est plus grand.

³ Toute la louange est dédiée à Allâh.

⁴ Nulle divinité ne mérite l’adoration hormis Allâh.

 

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