Hajj 2026 : Le sa’yy, le rasage et les statuts de la femme en menstrues

Le sacyy entre AsSafâ et Al-Marwa est l’un des rites les plus émouvants du hajj et de la coumra, rappelant la course de Hâjar — que le salut soit sur elle — à la recherche d’eau pour son fils Ismaël. Ce rite bien codifié exige du pèlerin une conduite précise : depuis l’ascension sur AsSafâ avec les invocations qui lui sont propres, jusqu’à la course entre les deux signaux verts pour l’homme, en passant par les évocations et les supplications sur Al-Marwa. Une fois le sacyy accompli, le pèlerin procède au rasage ou au raccourcissement des cheveux, marquant ainsi la fin de la coumra et la levée des interdits de l’ihrâm. Le présent article détaille également les règles relatives à la femme en menstrues ou en lochies, une situation que beaucoup de femmes rencontrent lors de leur pèlerinage et qui nécessite une connaissance précise des prescriptions légales. Car l’Islam, dans Sa miséricorde, a prévu pour elle une solution complète lui permettant d’accomplir son hajj ou sa coumra sans que rien ne lui soit perdu. Puisse Allâh faciliter à chaque pèlerin l’accomplissement de ses rites et les lui agréer.

La description du sacyy (la course entre AsSafâ et Al-Marwa) et la conduite recommandée :

*Le pèlerin sort vers AsSafâ par sa porte, l’escalade ou s’arrête devant lui. Seulement escalader AsSafâ est meilleur si cela lui est aisé.

* Il récite lorsqu’il entame le premier chawt Sa parole, élevé soit-Il, (S : 2/A : 158) :

(Inna-ssafâ wa-l-marwata min chacâ’iri-l-lâh)

(Certes, AsSafâ et Al-Marwah font partie des signes apparents d’Allâh.)

*[Puis il dit : (Je commence par la chose avec laquelle Allâh a commencé).]

*Il est recommandé qu’il se tienne sur AsSafâ en face de la Qibla (direction de la Kacba), fait la louange d’Allâh, dit (Allâhou akbar) puis dit: «lâ ilâha illa-l-lâh, wa-l-lâhou akbar, lâ ilâha illa-l-lâhou, wahdahou lâ charîka lahou, lahou-l-moulk, wa lahou-l-hamd, youhyî wa youmît, wa houa calâ koulli chay’in qadîr, lâ ilâha illa-l-lâhou wahdahou, ‘anjaza wacdahou, wa nasara cabdahou, wa hazama-l-ahzâba wahdah.»

(Nulle divinité ne mérite l’adoration sauf Allâh et Allâh est plus grand. Nulle divinité ne mérite l’adoration sauf Allâh, seul sans associé. La royauté est la Sienne ainsi que la louange. Il fait vivre et fait mourir et Il est parfaitement capable de faire toute chose. Nulle divinité ne mérite l’adoration sauf Allâh, seul. Il réalisa Sa promesse, fit triompher Son serviteur et vainquit seul les coalisés.)

*Puis, il fait ce qu’il peut comme invocations, les mains levées[1].

*Il répète ce dhikr (évocation) et invoque (trois fois). [C’est-à-dire qu’il récite le dhikr précédent : «Lâ ilâha illa-l-lâhou, wa-l-lâhou akbar …etc puis il invoque. Puis il récite ce même dhikr, puis il invoque. Puis il récite ce dhikr, mais sans invocation. Il est préférable aussi qu’il persévère longuement dans son invocation, qu’il ait le cœur éveillé, plein d’humilité, humble devant son Seigneur, Le suppliant tout en étant confiant d’être exaucé.]

Se diriger vers Al-Marwa passant par les deux signaux :

*Puis il descend et marche vers Al-Marwa jusqu’à ce qu’il atteigne le premier signal[2] :

*L’homme accélère sa cadence jusqu’à arriver au deuxième signal[3]. [Il fait cela dans les sept achwât[4]. L’accélération dans ce lieu veut dire : courir. Il doit courir très vite. Ce qui est différent du ramal (marche rapide) effectué lors du tawâf. On a vu le Prophète  en train de courir très vite au point que son ‘izâr (étoffe autour de la taille) tournait autour de sa ceinture. Cette action est une cibâda (adoration) que le Prophète  a accomplie, le mouctamir doit donc avoir cela présent à l’esprit. Et s’il dit durant cela : «Rabbi-ghfir wa-rham innaka anta-l-‘Acazzoul-l-Akram» (Rabbi (mon Seigneur) ! Pardonne et fais miséricorde, Tu es le plus puissant et le plus généreux.) cela est aussi bien, car cela fut confirmé de la part d’Ibn Mascoûd et Ibn COumar (Qu’Allâh agrée)]

*Tandis que pour la femme : il ne lui est pas prescrit de courir entre les deux signaux[5], car elle doit rester pudiquement couverte. Il lui est uniquement prescrit de marcher tout le long du sacyy.

L’arrivée à Al-Marwa :

*Puis il marche, gravit Al-Marwa ou s’arrête devant elle. Toutefois, il est meilleur de la gravir, si cela lui est aisé.

*Il dit et fait sur Al-Marwa ce qu’il a dit et fait sur AsSafâ excepté la récitation de la Aya (verset coranique), qui est Sa parole, élevé soit-Il, (S : 2/A : 158) :

(Certes, As-Safâ et Al-Marwah font partie des signes apparents d’Allâh.), car cela n’est prescrit que lors de l’ascension sur AsSafâ dans le premier chawt, suivant l’exemple du Prophète  [Le dhikr et l’invocation se font sur AsSafâ et Al- Marwa, dans les sept achwât.]

Et l’invocation sur AsSafâ et Al-Marwa fait partie des moments propices à l’exaucement de l’invocation, que le pèlerin et le mouctamir s’efforcent donc de prolonger l’invocation et de s’y appliquer, avec un cœur éveillé, humbles, recueillis, convaincus de l’exaucement. Et qu’ils s’appliquent dans le dernier chawt à invoquer le pardon et à demander à Allâh l’acceptation].

Le retour vers AsSafâ :

*Puis il descend, marche dans la partie où il faut marcher et accélère dans la partie où il faut accélérer jusqu’à ce qu’il atteigne AsSafâ.

*Il fait cela sept fois ; l’aller représente un chawt et le retour un chawt.

Actes recommandés dans le sacyy :

*Il est recommandé : de multiplier le dhikr (l’évocation) et le doucâ’ (l’invocation) pendant son sacyy tant qu’il le peut.

[Il peut réciter le Coran, car le sacyy entre AsSafâ et Al-Marwa fut prescrit pour l’accomplissement du dhikr (l’évocation) d’Allâh. Or, le Coran est le plus haut degré du dhikr d’Allâh. Qu’il se garde de s’occuper des discussions inopportunes ou de commettre des infractions légales telles que photographier, ou poser devant une caméra dans le but d’être vu par les gens. Car cela peut annuler son travail sans qu’il le ressente. Or, vu qu’il n’a accompli sa coumra que pour Allâh, qu’il s’éloigne donc de tout ce qui peut corrompre cette niyya (intention).]

*Il est recommandé qu’il soit purifié du hadath (état de non-purification), majeur et mineur. Seulement, s’il accomplit son sacyy sans purification, ce dernier sera quand même valide.

*Aussi, si la femme se trouve indisposée ou accouche après le tawâf, qu’elle accomplisse son sacyy et il sera valide. Car la purification n’est pas une des conditions nécessaires au sacyy. Toutefois, elle est recommandée comme cela fut stipulé précédemment.

*[Il fut précédemment dit qu’il n’est permis ni à la femme indisposée ni aux autres, de faire avancer le sacyy de la coumra sur son tawâf, contrairement au hajj. Car il est permis de faire avancer le sacyy du hajj sur son tawâf.]

Le rasage et le raccourcissement des cheveux :

*Lorsqu’il termine le sacyy, il se rase la tête ou raccourcit ses cheveux. Seulement, pour l’homme, le rasage est meilleur que le raccourcissement. En effet, le Prophète a invoqué pour ceux qui se rasent les cheveux trois fois et pour ceux qui se les racourcissent une seule fois. (mouttafaqoun calayh)[6]

*Le raccourcissement des cheveux doit inclure toute la tête. Il ne suffit pas d’en raccourcir seulement une partie. Également, en raser une partie ne suffit pas.

* [Le pèlerin et le mouctamir doivent se méfier de ceux qui, munis de ciseaux, guettent les pèlerins et les mouctamiroûn sur Al-Marwa et ne leur coupent que quelques cheveux, car cela ne leur suffit pas. Que ceux qui font cela aux pèlerins et aux mouctamiroûn craignent Allâh.]

* Tandis que pour la femme : il ne lui est prescrit que de raccourcir ses cheveux.

*Ce qui lui est prescrit : c’est de couper de chaque tresse la longueur d’une ‘ounmoula (phalange) ou moins.

La ‘ounmoula : est la dernière phalange du doigt, où se trouve l’ongle.

La femme ne doit pas couper plus que cela.

Le tahalloul (désacralisation) :

Lorsque le mouhrim aura réalisé ce qui fut cité ultérieurement ; sa coumra sera accomplie, wa-l-hamdou lil-lah (et qu’Allâh soit loué). Il lui sera alors permis de faire tout ce qui lui était prohibé lors de l’ihrâm. Sauf s’il a conduit le hadiyy (offrande) depuis le hill[7], car il reste dans son état d’ihrâm jusqu’à ce qu’il se désacralise du hajj et de la coumra ensemble.

Quant à celui qui s’est mis en état d’ihrâm pour le hajj seul (ifrâd), ou pour le hajj et la coumra ensemble, il lui est recommandé de transformer son ihrâm en coumra, et de faire ce que fait le moutamattic, sauf s’il a conduit le hadiyy (offrande) ; car le Prophète ﷺ a ordonné cela à ses Compagnons et a dit : « Si je n’avais pas conduit le hadiyy (offrande), je me serais désacralisé avec vous ».

Les statuts de la femme en menstrues :

   *Si la femme a ses menstrues ou ses lochies après s’être mise en état d’ihrâm pour la coumra, elle n’accomplit pas le tawâf autour de la Kacba ni le sacyy entre AsSafâ et Al-Marwa jusqu’à ce qu’elle soit purifiée.

* Lorsqu’elle est purifiée, elle accomplit le tawâf, le sacyy, et se raccourcit les cheveux, et sa coumra est ainsi accomplie.

* Si elle n’est pas purifiée avant le jour de Tarwiya : elle se met en état d’ihrâm pour le hajj depuis l’endroit où elle réside, et sort avec les gens vers Minâ, et devient ainsi qârina entre le hajj et la coumra.

* Elle fait ce que fait le pèlerin : la station (wouqoûf) à CArafa, près d’Al-Machcar, le jet des jimâr (cailloux) sur les jamarât (stèles), passer la nuit à Mouzdalifa et Minâ, le sacrifice du hadiyy, et le raccourcissement.

*Lorsqu’elle sera purifiée, elle accomplit le tawâf autour de la Kacba, et le sacyy entre AsSafâ et Al-Marwa, un seul tawâf et un seul sacyy, et cela lui suffit pour son hajj et sa coumra ensemble ; selon le hadîth de CÂ’icha qui a eu ses menstrues après s’être mise en état d’ihrâm pour la coumra, le Prophète ﷺ lui dit alors : « Fais donc ce que fait le pèlerin, sauf que tu n’accompliras pas le tawâf (les circumambulations) autour du Bayt (la Maison) jusqu’à ce que tu sois purifiée. ». [Moutafaqoun Calayh]

*Lorsque la femme en menstrues ou en lochies jette les cailloux (jimâr) le jour du Nahr et se raccourcit les cheveux, tout ce qui lui était interdit par l’ihrâm lui devient licite, comme le parfum et autres, sauf le mari[8], jusqu’à ce qu’elle complète son hajj comme les autres femmes purifiées. Lorsqu’elle accomplit le tawâf et le sacyy après la purification, son mari lui devient licite.

Notes et références : 

[1] Les mains levées vers le ciel.

[2] Début du signal lumineux vert. (Différent de l’époque de l’auteur.)

[3] Fin du signal lumineux vert.

[4] Achwât (pluriel de chawt) qui est pour le sacyy soit un aller d’As-Safâ vers Al-Marwa soit un retour d’Al-Marwa vers AsSafâ.

[5] Le long du signal lumineux vert.

[6] C’est-à-dire que c’est un hadith qui se trouve dans Sahîh Al-Boukhârî et Sahîh Mouslim.

[7]  L’extérieur du Haram (le périmètre sacré aux limites connues).

[8] Sauf les rapports conjugaux ou leurs préliminaires avec son mari.

Extrait de : «At-tahqiqou wa-l-‘îdhâhou li-kathîrin min masâ’ili-l-hajji wa-l-coumrati wa-z-ziyârati calâ dhaw’i-l-Kitâbi wa-s-Sounna». Par son éminence chaykh cAbdalcazîz Ibn cAbdAllâh Ibn Bâz. – que la miséricorde d’Allâh soit sur lui -. Traduit par Tamime Khemmar.

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