Russie lance un projet de liaison ferroviaire « géante » de 12 milliards USD vers le Pakistan via l’Azerbaïdjan et l’Iran

La Russie a officiellement annoncé son intention de financer un gigantesque projet ferroviaire, estimé à 12 milliards USD, visant à relier son réseau à celui du Pakistan en passant par l’Azerbaïdjan et l’Iran, dans le cadre du Corridor de transport international Nord‑Sud (INSTC).


Un maillon stratégique de l’INSTC

  • L’INSTC est un couloir multimodal (rail, route, maritime) long de quelque 7 200 km, qui relie la Russie au sous-continent indien, via l’Iran et l’Azerbaïdjan. Il vise à réduire les temps de transit et les coûts par rapport aux routes classiques (Suez).

  • Une étape clef est l’achèvement du chemin de fer Rasht–Astara (Iran), financé à hauteur de 1,6 milliard € dont environ 1,3 milliard € sous forme de prêt russe.


Mise en service du service fret Russie–Pakistan

  • En décembre 2024, la Russie et le Pakistan ont annoncé le lancement d’un service pilote de fret le long de l’INSTC, avec un démarrage effectif en avril 2025.

  • Le 11 juin 2025, Xinhua a confirmé l’inauguration d’un train de fret au départ de Lahore vers Astrakhan (Russie) via l’Iran (point de passage : Taftan puis Zahedan, changement de gabarit) et le Kazakhstan.

  • Un premier train de conteneurs était prévu pour la semaine du 22 juin 2025.


Le chiffre de 12 milliards USD : un investissement global

  • Une récente annonce sur les réseaux sociaux (compte RKM Times et autres) évoque ce montant colossal comme coût total du projet.

  • Cela dépasse largement les montants documentés pour le seul segment Rasht–Astara, ce qui suggère que la somme engloberait également l’extension des infrastructures vers le Pakistan : modernisation des lignes, nouveaux terminaux, adaptations de capacité, etc.


Enjeux géopolitiques et perspectives

  • Fragmentation des routes de transit : ce corridor offre une alternative aux voies maritimes traditionnelles et pourrait accroître l’autonomie logistique des pays impliqués, particulièrement face aux incertitudes géopolitiques.

  • Dynamique régionale : pour le Pakistan, ce projet représente une chance de devenir à son tour un nœud stratégique de transit, renforçant ses liens commerciaux avec la Russie, les pays d’Asie centrale et l’Europe.

  • Objectifs iraniens : l’Iran ambitionne de traiter jusqu’à 60 millions de tonnes de fret par an, en s’appuyant sur l’INSTC et ses infrastructures rail/route.


Conclusion

La Russie confirme son rôle moteur dans le renforcement du corridor Nord–Sud, en proposant un financement massif de 12 milliards USD pour connecter son réseau au Pakistan via l’Azerbaïdjan et l’Iran. Bien que ce chiffre inclue vraisemblablement des segments additionnels au-delà de l’axe Rasht–Astara, il illustre l’ampleur du projet : un virage stratégique pour remodeler les échanges eurasiatiques, avec un service de fret déjà actif depuis avril–juin 2025.

By Michael

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