Les jardins de la croyance islamique 3 : Les prophètes, lumières de l’humanité

Par : Tamime Khemmar

Dans cet article, nous remontons aux origines de l’humanité pour comprendre pourquoi Dieu a envoyé Ses prophètes. Nous découvrirons d’abord qui sont ces hommes d’exception que Dieu a choisis pour être le lien entre Lui et Ses créatures, puis nous suivrons le fil de l’histoire — du premier éloignement des hommes après Adam, à la mission de Noé et au déluge, jusqu’à Abraham, père des prophètes, qui brisa les idoles et bâtit avec son fils Ismaël la première maison de Dieu sur terre. Nous nous arrêterons enfin sur l’histoire de Loth et du châtiment de Sodome, pour en tirer la leçon que ces récits nous murmurent encore aujourd’hui : le chemin du bien mène à la bénédiction, et le chemin du mal mène à la destruction — hier, aujourd’hui et demain.

La vérité

Comment peut-on connaître une vérité au sujet de choses et de phénomènes qui nous sont cachés et qui n’obéissent ni à nos sens ni à la mesure de nos instruments ? Choses indétectables et non apparentes à nos sens, imperceptibles et inaudibles. Il n’y a qu’un seul chemin qui nous soit donné et accessible : c’est la prophétie.

Les prophètes sont des êtres humains qui révèlent les vérités cachées aux autres membres de leur collectivité.

Ils voient ce que les autres ne voient pas et entendent ce que les autres n’entendent pas. Ils sont la maille et le lien qui relie le monde des vivants et celui des anges, de l’imperceptible (ghayb) et de l’au-delà. C’est une fenêtre qui s’ouvre entre deux mondes.

Qui les a choisis ? C’est Dieu.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 22/V : 75-76) :

« Allâh choisit parmi les anges des messagers et parmi les hommes. Certes, Allâh entend tout et voit tout. Il sait ce qui est devant eux et ce qui est derrière eux. C’est vers Allâh seul que les choses reviennent. »

Pourquoi les a-t-Il choisis parmi tant d’autres humains ?

Parce qu’ils sont le summum de la race humaine. Ils rassemblent toutes les plus grandes qualités morales et physiques et en ont la perfection.

Ils sont courageux et leur courage est exceptionnel.

Ils sont forts et résistants, et leur résistance est très grande. Persévérants et inlassables, ils n’abandonnent jamais leurs peuples.

Ils sont bons et généreux, et leurs cœurs sont aussi purs que le cristal.

Ils aident les pauvres et les démunis. Ils visitent les malades et les réconfortent. Ils sont pleins de compassion et de miséricorde pour leurs semblables.

Ils ont des mœurs irréprochables et leur vertu est connue de tous.

Ils sont sages et savants, et sont comme des lumières qui éclairent autour d’eux.

Ceux-là sont les prophètes que Dieu a gratifiés de cet honneur incommensurable : être le lien entre Lui et Ses créatures que sont les hommes et les djinns.

Ils ont aussi une particularité : ils ne mentent jamais. Dès leur plus jeune âge, le mensonge ne sort jamais de leurs bouches.

C’est pour cette raison que Dieu, dans Sa sagesse immense, en a fait Ses messagers. Ils transmettent Sa parole aux humains et en sont les dignes porteurs.

La première preuve de la véracité de leurs dires, comme prophètes envers leurs peuples, est cette réalité : ils ne mentent jamais.

Le début de l’incroyance

Après la mort d’Adam, père des humains, ses enfants et ses descendants restèrent des siècles sur la voie de leur père : vénérer et adorer un seul Dieu, et lui vouer tous les cultes et toutes les pratiques religieuses qui lui sont dus.

Malheureusement, quand les siècles se succédèrent et que les préceptes religieux et les commandements de Dieu furent oubliés et déclinèrent de la mémoire des hommes, l’ennemi perpétuel et terrible d’Adam vint et les entraîna dans les abîmes de l’adoration des statues et des idoles.

Les devoirs et les obligations des humains envers leur Créateur et bienfaiteur furent voués à des statues de pierre et d’argile qu’ils avaient eux-mêmes fabriquées et sculptées.

Pauvre créature qu’est cet homme !

Il oublie si vite et se laisse berner si facilement.

Et quelle ingratitude envers son bienfaiteur.

N’a-t-Il pas banni Satan et l’a-t-Il pas maudit pour notre père et à cause de lui ?

Comment cet humain peut-il, après cela, s’allier à Satan et combattre son Créateur en divinisant et adorant autre que Lui ?

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 18/V : 50) :

« Lorsque Nous avons dit aux Anges : « Prosternez-vous devant Adam », ils se prosternèrent tous, sauf Iblîs. Il était du nombre des djinns et s’écarta de l’ordre de son Seigneur. Allez-vous donc le prendre, lui et sa descendance, comme alliés en dehors de Moi, alors qu’ils sont pour vous des ennemis ? Quelle mauvaise substitution pour les injustes ! »

Noé

Noé fut alors envoyé aux hommes. Sa prophétie vint alors que son peuple se noyait dans les ténèbres de l’incroyance et de l’impiété.

Dieu en fit Son messager auprès d’un peuple qui connaissait sa droiture, son honnêteté, sa moralité et sa conduite irréprochable.

Il appela son peuple à vénérer et adorer Dieu l’unique, à Lui vouer et à Lui seul tous leurs cultes et toutes leurs prières, et les somma d’arrêter l’idolâtrie des statues.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 7/V : 59) :

« Certes, Nous avons envoyé Noé vers son peuple. Il dit : « Mon peuple ! Adorez Allâh, vous n’avez aucun Dieu en dehors de Lui. J’ai peur que vous subissiez le châtiment d’un grand Jour. » »

Jour et nuit, il invita son peuple à le suivre. Au fil des années et des décennies, il les invita à suivre le chemin de la droiture et leur promit le bonheur et le succès dans la vie et après la mort. Il ne laissa aucun chemin pour arriver à leurs cœurs sans l’avoir emprunté. Il les alerta du danger imminent qui les guettait et les avertit des risques qu’ils encouraient en provoquant la colère de Dieu.

Rien n’y fit.

Neuf cent cinquante années avait duré cet effort envers son peuple. Ce dernier refusa de l’écouter, sauf quelques-uns d’entre eux.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 29/V : 14) :

« Certes, Nous avons envoyé Noé vers son peuple et il demeura parmi eux mille ans, moins cinquante. Le déluge les saisit alors qu’ils étaient injustes. »

Voyant leur refus et leur obstination, génération après génération, et que l’incroyance et le mal étaient une nature indélébile chez eux, Noé se tourna vers son Seigneur et protecteur et lui fit part de son chagrin et de la déception causée par son peuple qui, malgré tous ses efforts pour le sauver, ne fit que l’offenser et mépriser ceux qui le suivirent et écoutèrent ses paroles.

Dieu, dans Sa grande sagesse et Son infini savoir, sachant que plus personne n’allait obéir à Noé à part ceux qui l’avaient déjà fait, lui ordonna de construire l’arche et d’y embarquer sa famille et tous ceux qui avaient cru en lui. Dieu lui ordonna aussi d’embarquer avec lui, de chaque espèce animale vivante, deux spécimens : un mâle et une femelle. Noé s’exécuta et construisit cette gigantesque embarcation qu’est l’arche, et y embarqua tous ceux qu’on lui avait désignés.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 23/V : 27) :

« Nous lui avons révélé : « Construis l’arche sous Nos yeux et par Notre révélation. Lorsque Notre ordre viendra et que l’eau surgira du four, fais-y monter un couple de chaque espèce ainsi que ta famille, sauf ceux contre qui la Parole a déjà été prononcée. Ne M’interpelle pas au sujet des injustes, ils seront certes noyés. » »

Ce fut alors le déluge qui recouvrit toute la terre d’eau et noya tout ce qui se trouvait sur sa face. Nul ne fut épargné. Tous périrent.

Tel fut le châtiment terrible et fatal d’un Dieu juste et équitable.

Miséricordieux et bon, Il sauva Noé et ses compagnons se trouvant à bord de l’arche avec lui. Ils arrivèrent tous sains et saufs et descendirent dans leur nouvelle terre d’accueil. Ils commencèrent une nouvelle vie dans la vénération et l’adoration de Dieu, nul Dieu que Lui, suivant les commandements transmis par Son messager et illustre prophète : Noé.

Le mal absolu

Au cours des siècles qui suivirent, les événements prirent toujours le même cheminement. À chaque fois qu’un peuple s’éloignait du droit chemin et tombait dans les filets sataniques du diable, succombant à l’adoration de fausses divinités trompeuses et mensongères — quelle que soit la forme qu’elles prenaient, statues fussent-elles, pierres, animal, astre, tombeau, humain ou autre — à chaque fois que ces pauvres humains s’égaraient, Dieu, l’unique qui mérite d’être adoré, dans Sa compassion et Sa miséricorde, envoyait un prophète pour montrer aux hommes la voie de la droiture et du salut, oubliée et enfouie dans les ténèbres des péchés, des actions mauvaises et dégradantes et des mœurs basses et méprisables.

Car si la porte de l’incroyance et de l’irréligion s’ouvre, toutes les barrières morales et les règles de bonne conduite s’écroulent, laissant place au désordre et au chaos dans la société.

Tous les droits seront bafoués, toutes les limites seront transgressées et toutes les vraies valeurs anéanties.

Pires que cela, les notions du mal et du bien, de la vertu et de l’infamie, de l’honneur et de la bassesse seront irrémédiablement inversées.

Le vil régnera et le pieux sera exclu, le voleur s’enrichira et l’honnêteté sera synonyme de pauvreté, le menteur sera écouté, cru et applaudi, et celui qui dit la vérité sera sujet aux moqueries et au mépris.

C’est la conséquence finale et le résultat obligé d’une société qui s’est détournée du droit chemin. C’est une société malade qui verra le bien et la vertu comme du mal et de l’impuissance. Seulement le mal est en elle — profond et enraciné. Son état ressemble à celui d’un malade qui trouve la nourriture délicieuse nauséabonde et reste sans appétit, alors qu’en réalité le mal est en lui.

Ce fut aussi le cas des peuples qui vinrent après celui de Noé.

Quand ils atteignaient ce point critique et perdaient toute notion de bien ou de mal, Dieu dans Sa miséricorde leur envoyait des prophètes pour les sauver de leur naufrage, les guérir de leurs maux et les remettre sur le droit chemin.

Ceux qui écoutaient et suivaient les messagers de Dieu furent sauvés et gagnèrent le bonheur et le salut dans ce bas monde et après leur mort. Ils récoltèrent ainsi le fruit de leur obéissance à leurs prophètes et de leur soumission aux commandements de Dieu. Le Paradis sera leur demeure éternelle — puisse Dieu nous y réunir avec eux dans Sa clémence et Sa miséricorde.

Ceux qui désobéissaient à leurs messagers, bravaient leurs avertissements et leurs sommations, narguaient les lois et les commandements divins et s’accrochaient à leur héritage d’incroyance et d’injustice envers leur Créateur et envers eux-mêmes — ceux-là périrent.

Le châtiment divin, une fois venu sur les coupables, rien ne l’arrête. Il s’abattit sur eux, implacable et dévastateur.

Certains furent arrachés et déchiquetés par un terrible vent, un vent de torture et de souffrance, qui détruisait tout sur son passage. Sept nuits et huit jours durant lesquels cette infernale punition fut maintenue sur eux. Elle ne laissa derrière elle que leurs habitations vides et anéanties.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 46/V : 21-25) :

« Évoque le frère des ‘Âd, lorsqu’il avertit son peuple, habitant Al- ‘Ahqâf – alors que les Messagers ont toujours été envoyés avertir avant lui et après lui – leur disant : « N’adorez qu’Allâh. J’ai grandement peur pour vous du châtiment d’un terrible Jour. » Ils dirent : « Es-tu venu à nous pour nous détourner loin de nos divinités ? Apporte-nous donc ce que tu nous promets si tu es sincère ! » Il dit : « Seul Allâh détient ce savoir. Je ne fais que vous transmettre le Message dont je suis chargé. Seulement, je vois que vous êtes des gens ignorants. » Lorsqu’ils le virent sous la forme d’un nuage se dirigeant vers leurs vallées, ils dirent : « Voilà un nuage qui va nous apporter la pluie. » C’est, au contraire, ce dont vous souhaitiez hâter la venue : un vent apportant un châtiment douloureux, qui détruit toute chose par l’ordre de son Seigneur. Le matin venu, seules leurs maisons étaient visibles après cela. C’est ainsi que Nous rétribuons les gens criminels. »

Ils disparurent et leurs ruines restèrent derrière eux pour rappeler à ceux qui vinrent après eux leur terrible sort.

D’autres virent leur châtiment venir du ciel et de sous leurs pieds. Un cri du ciel fut envoyé sur eux, les réduisit en miettes telles une paille piétinée, et la terre trembla sous leurs pieds.

Ce fut une terrible destinée, mais juste. Juste et équitable.

Dieu est bon et miséricordieux. Il pardonne et aime pardonner. Mais dans Sa sagesse infinie et Son savoir absolu, Il sait qui mérite le châtiment et envers qui le châtiment est juste.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 29/V : 40) :

« Nous avons saisi chacun d’eux à cause de ses péchés. Parmi eux, il y en a sur qui Nous avons envoyé une tempête de pierres, et parmi eux, il y en a qui ont été saisis par le Cri, et parmi eux, il y en a que Nous avons engloutis dans la Terre, et parmi eux, il y en a que Nous avons noyés. Allâh n’était pas injuste envers eux, mais c’est eux qui s’étaient eux-mêmes lésés. »

Abraham

Abraham fut l’un de ces prophètes bénis. Il fut envoyé à son peuple, mécréant et idolâtre, qui vénérait et adorait les astres. Le soleil, la lune et les étoiles étaient pour eux des divinités à qui ils vouaient leurs cultes et leurs pratiques religieuses.

Abraham fut l’un des plus éminents prophètes et messagers que Dieu ait envoyés aux humains. Dieu le privilegia sur beaucoup d’entre eux par Ses faveurs et Sa grâce.

Il l’éleva au plus haut rang et l’honora en faisant de lui et de Noé, avant lui, les pères de tous les prophètes qui vinrent après eux.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 57/V : 26) :

« Certes, Nous avons envoyé Noé et Abraham, et avons fait que la Prophétie et le Livre soient dans leur descendance. Certains d’entre eux ont été sur la guidance et la plupart d’entre eux ont été en dehors de l’obéissance. »

Dieu le gratifia de deux enfants : Isaac et Ismaël, alors qu’il était à un âge avancé.

Sarah, la mère d’Isaac, était stérile. Mais Dieu, dans toute Sa bonté et Sa miséricorde, lui accorda un fils qui s’appela Jacob — lequel fut le père de la grande nation des fils d’Israël, car Israël n’est autre que Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham. Que le salut de Dieu et Sa bénédiction soient sur eux.

Jacob eut douze enfants, dont l’un fut un notable, une personnalité d’Égypte et un illustre prophète : Joseph.

Ces douze enfants d’Israël — Jacob — sont à l’origine des douze peuples fils d’Israël.

Ismaël

Le deuxième fils d’Abraham lui vint de sa seconde femme Hâjar, qui lui fut offerte par le roi d’Égypte.

Cet enfant qui s’appela Ismaël, une fois grand, bâtit avec son père la demeure honorée par le Seigneur : Al-Ka’aba. Première demeure de Dieu bâtie sur la Terre, où se rassemblent tous les pèlerins pour adorer et vénérer un seul et même Dieu, se prosterner et accomplir toutes les pratiques de soumission et de vénération apprises par Ses messagers.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 3/V : 96) :

« Certes, la première Maison édifiée pour les hommes est celle qui se trouve à Bakkah, bénie et une guidance pour les mondes. »

Une fois qu’Abraham eut fini de bâtir cet édifice béni, il fit le premier appel au pèlerinage et invita les humains à se rendre à la demeure honorée par leur Dieu et Créateur pour accomplir leurs rites en ce lieu béni.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 22/V : 26-27) :

« Lorsque Nous avons montré à Abraham le lieu de la Maison d’Allâh, lui disant : « N’associe rien avec Moi et purifie Ma Maison pour ceux qui accomplissent les circumambulations, ceux qui se tiennent debout, qui s’inclinent et qui se prosternent lors de la prière. Et appelle les hommes au grand pèlerinage, ils viendront à toi à pied ou sur des chameaux amaigris par l’effort, de tout chemin lointain. » »

Chose que firent les prophètes après lui, dont Moïse et Jonas.

Tous les croyants et pieux qui le purent répondirent à cet appel béni.

La descendance d’Ismaël fut la nation arabe qui vécut dans la péninsule d’Arabie et qui donna naissance au dernier prophète et messager de Dieu : Mouhammad, que l’éloge d’Allâh et Son salut soient sur lui et sur tous les prophètes qui vinrent avant lui.

L’appel d’Abraham

Abraham fut envoyé par Dieu à son peuple pour les appeler à suivre le droit chemin, le chemin de Dieu, et n’adorer que Lui. Nulle divinité ne mérite l’adoration que Dieu le grand et l’unique.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 29/V : 16) :

« Abraham dit à son peuple : « Adorez Allâh et craignez-Le. Ceci est meilleur pour vous, si vous saviez. » »

Il leur prouva que les astres qu’ils vénéraient étaient, comme eux-mêmes, des créatures de Dieu, faibles et impuissantes.

Comment pouvaient-ils égaler la créature au Créateur et les mettre tous deux au même rang ? Comment une lune qui grandit et rétrécit peut-elle être un Dieu ? Comment un soleil qui se lève et se couche peut-il être un Dieu ? Comment peut-on adorer ce qui est, un jour, là, et un autre jour disparaît ?

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 6/V : 74-79) :

« Évoque, lorsque Abraham dit à son père ‘Âzar : « Comment peux-tu prendre des idoles pour des dieux ? Je te vois, toi et ton peuple, dans un égarement manifeste. » Ainsi, Nous montrons à Abraham le vaste royaume des Cieux et de la Terre afin qu’il soit du nombre de ceux qui ont la certitude dans la foi. Lorsque la nuit le couvrit, il vit une étoile. Il dit : « Ceci est mon Seigneur ! » Mais lorsqu’elle disparut, il dit : « Je n’aime pas ceux qui disparaissent. » Puis, lorsqu’il vit la Lune se lever, il dit : « Ceci est mon Seigneur ! » Mais lorsqu’elle disparut, il dit : « Si mon Seigneur ne me guide pas, je serai certes du nombre des gens égarés. » Puis, lorsqu’il vit le Soleil se lever, il dit : « Ceci est mon Seigneur. Ceci est bien plus grand ! » Mais lorsqu’il disparut, il dit : « Mon peuple ! Je désavoue ce que vous associez. J’ai dirigé mon visage vers Celui qui a créé sans exemple antérieur les Cieux et la Terre, en étant écarté de toute association dans l’adoration et je ne suis pas du nombre de associateurs. » »

Dieu, dans Sa vie parfaite, ne dort jamais et ne meurt pas. Il veille de jour comme de nuit sur Ses créatures. Ses destins, qu’Il leur a attribués, se succèdent sur eux jusqu’au dernier jour — le jour où ils reviendront tous à Lui. Le jour du rassemblement des premiers et des derniers, qui verront devant eux toutes leurs actions soigneusement conservées et enregistrées, bonnes ou mauvaises.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 2/V : 255) :

« Allâh — nulle divinité ne mérite l’adoration hormis Lui, Le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même et fait subsister. Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent. À Lui appartient tout ce qui se trouve dans les Cieux et dans la Terre. Qui peut intercéder auprès de Lui sans Sa permission ? Il sait ce qui est devant eux et ce qui est derrière eux. Ils n’englobent rien de Sa science, sauf ce qu’Il veut. Son Trône s’étend au-dessus des Cieux et de la Terre, et leur conservation ne Lui coûte aucune peine. Il est L’Élevé, L’Immense. »

Miséricordieux et bienveillant pour son père et son peuple, Abraham fit tout son possible pour les arracher des abîmes de l’incroyance, sachant le sort terrible qui les attendait. Mais en vain. Ils finirent, en toute arrogance et brutalité, par le jeter dans un feu embrasé et infernal. Dieu, protecteur et défenseur de Son messager, ordonna au feu de ne point le brûler.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 21/V : 68-69) :

« Ils dirent : « Brûlez-le et soutenez vos divinités, si vous voulez agir. » Nous dîmes : « Feu ! Sois fraîcheur et sécurité pour Abraham. » »

Il en sortit sain et sauf et quitta ce peuple mécréant et impie. Il s’en alla, lui, sa femme Sarah et son neveu Loth.

Le testament d’Abraham et de Jacob

Les dernières volontés de Jacob, transmises à ses enfants à sa mort, furent les mêmes que celles de son grand-père Abraham.

Il leur rappela le privilège que Dieu leur avait accordé en leur choisissant cette religion pure et parfaite, dans Sa bienveillance et Sa miséricorde. Il les engagea à pratiquer pleinement cette religion, à n’adorer qu’un seul et unique Dieu, à se soumettre à Lui, à Lui obéir et à ne mourir que sur cette foi salvatrice.

Et tel fut le cas de tous les prophètes qui les suivirent.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 2/V : 130-132) :

« Qui peut donc rejeter la religion d’Abraham, si ce n’est un insensé qui s’est voué à la perte ? Or, Nous l’avons privilégié dans la vie d’ici-bas et, dans la vie dernière, il sera certes du nombre des bons. Lorsque son Seigneur lui dit : « Soumets-toi ! », il répondit : « Je me suis soumis au Seigneur des mondes. » Abraham recommanda à ses fils de préserver cette parole ainsi que Jacob, en disant : « Allâh vous a privilégiés en choisissant pour vous cette religion. Ne mourez donc qu’en étant soumis. » »

L’histoire de Loth

Loth était le neveu d’Abraham, son fidèle élève, et était comme un fils pour lui. Il fut le messager de Dieu envoyé aux habitants de Sodome, et cela du vivant d’Abraham.

Loth descendit dans leur contrée et les appela à revenir au droit chemin et à n’adorer qu’un seul Dieu, leur Créateur et celui de toute créature.

Il les somma aussi d’arrêter de pratiquer un immonde péché et une vilaine pratique contre nature qui était la sodomie. Leurs hommes pratiquaient injustement cet acte sexuel contre nature entre eux, publiquement, et le faisaient subir aux étrangers qui passaient par leur cité. Ils furent les premiers humains à pratiquer cette vilaine et répugnante perversion.

En plus de leur incroyance et de leur impiété, leurs mœurs et leurs pratiques atteignirent les plus bas degrés que l’humanité ait connus avant eux.

Malgré leur opposition et leurs outrageantes moqueries, Loth continua patiemment à les inviter à revenir à la droiture et à la vertu, et à les prévenir du danger qu’ils encouraient en s’obstinant à rester dans cet état d’incroyance et en continuant leurs abus et excès.

Vains furent ses efforts. Malgré sa volonté profonde de les sauver et de les faire entrer dans la miséricorde de Dieu, et malgré son infinie bienveillance, ils persistèrent à lui désobéir.

Quand, fatalement, l’heure du châtiment vint, Dieu envoya des anges dans l’apparence de jeunes humains, qui vinrent demander l’hospitalité à Loth.

Quel grand embarras et quelle gêne pour lui quand il vit ces invités inattendus. Quel jour difficile s’annonçait, se dit-il, connaissant le danger qu’encouraient ses jeunes invités si son peuple découvrait leur présence.

Malheureusement, ce qu’il craignait arriva et les hommes de cette malfaisante tribu ne tardèrent pas à découvrir la nouvelle et à se précipiter chez le prophète de Dieu.

Le noble et vertueux messager de Dieu s’enferma chez lui avec ses invités et s’efforça de convaincre ses agresseurs, par tous les moyens, de rebrousser chemin et de renoncer à leur maléfique besogne. Vaines furent ses prières et ses exhortations. Rien ne pouvait arrêter leurs assauts ni calmer leur ardeur et leur ignoble ivresse.

Il leur dit une dernière fois, les priant de craindre Dieu le tout-puissant et de ne pas provoquer Sa colère ni attirer Son châtiment fatal sur eux : « Ô mon peuple, ne me faites pas honte ! Ne reste-t-il pas parmi vous quelqu’un de raisonnable ? »

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 11/V : 78-83) :

« Son peuple vint à lui accourant. Avant cela, ils commettaient les mauvaises actions. Il dit : « Mon peuple ! Voici mes filles, qui sont plus pures pour vous. Craignez donc Allâh et ne me faites pas honte concernant mes invités. N’y a-t-il pas parmi vous un homme raisonnable ? » Ils dirent : « Tu sais très bien que nous n’avons aucun droit sur tes filles et tu sais aussi très bien ce que nous voulons ! » Il dit : « Si seulement j’avais la force de vous repousser ou si je pouvais me réfugier auprès d’une grande puissance ! » Ils dirent : « Loth ! Nous sommes les Messagers de ton Seigneur ! Ils ne pourront pas t’atteindre. Pars donc, toi et ta famille, dans la sombre nuit et que personne d’entre vous ne regarde derrière lui. Excepté ta femme. Elle subira ce qu’ils subiront. Leur rendez-vous sera à l’aube. L’aube n’est-elle pas toute proche ? » Puis, lorsque Notre ordre est venu, Nous avons renversé leurs cités : le haut vers le bas, et Nous avons fait pleuvoir sur elles un amas de pierres successives d’argile dure, distinguées par des marques auprès de ton Seigneur. Certes, celles-ci ne sont pas loin des injustes. »

C’est alors que les invités de Loth lui révélèrent leur vérité. Ils lui dirent qu’ils étaient les anges envoyés par son Seigneur, le juste et l’équitable, pour châtier ce peuple infâme et punir ses membres injustes pour leurs méfaits et leurs abus.

L’un des anges donna aux agresseurs, qui continuaient leur assaut sur la maison du prophète, un coup qui les rendit aveugles et ferma leurs yeux à jamais.

Les anges recommandèrent à Loth de prendre sa famille — sauf sa femme, qui était complice de son peuple — et de quitter cet endroit maléfique dès que la nuit serait tombée.

Ils lui ordonnèrent de partir, de s’éloigner de sa ville aussi loin qu’il pouvait, et de ne jamais se retourner pour regarder derrière lui, ni lui ni ceux qui l’accompagnaient.

Leur heure — celle du grand châtiment — viendra à l’aube, lui dirent-ils, et l’aube est si proche.

Loth s’exécuta. Il quitta avec sa famille la ville de Sodome et ils s’en allèrent sans se retourner.

L’aube vint, et vint avec elle le châtiment. Les villes de Sodome furent arrachées de la terre — elles, leurs habitants et tout ce qui s’y trouvait. Elles furent soulevées haut dans le ciel, retournées comme on retourne une galette de pain, et projetées avec une extrême violence vers le bas, allant s’écraser sur ses habitants.

Dieu fit pleuvoir sur eux des pierres qui les déchiquetèrent.

Terrible fin et effroyable sort, qui n’est pas loin de ceux qui suivront leur chemin. Tel un nuage qui plane et une menace qui rôde — Sodome a péri, mais ceux qui hériteront ses méfaits hériteront son sort.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 15/V : 72-76) :

« Par ta vie ! Ils étaient dans leur ivresse, errant à l’aveuglette. Le Cri les saisit au lever du soleil. Nous retournâmes ces villes sens dessus dessous et Nous fîmes pleuvoir sur eux des pierres d’argile durcie. Certes, il y a en cela des signes pour ceux qui savent lire les indices. Et ces villes se trouvent sur un chemin fréquenté. »

Morale

Telle fut la désolante histoire de ces anciens peuples.

Pourquoi Dieu, dans Sa miséricorde et Sa bienveillance, nous a-t-Il fait parvenir leur histoire et les événements marquants de leur existence ?

Eh bien, pour que leurs histoires soient des leçons pour nous.

Qu’y a-t-il de plus explicite et de plus clair qu’un exemple vrai ayant vécu sur cette terre — des hommes et des femmes comme nous, qui vécurent, prirent leur chemin, bon soit-il ou mauvais, et dont la fin fut, elle aussi, soit bonne soit mauvaise ?

Leurs histoires nous murmurent : humains, faites attention ! Ce qui leur est arrivé peut vous arriver et vous arrivera si vous faites ce qu’ils ont fait.

Rien n’a changé ! La terre est toujours la même et le ciel est toujours le même. Et Dieu, le tout-puissant, est toujours là, au-dessus de nous — Il nous regarde et nous écoute. Les destins de Dieu sont présents et inchangeables, qu’on les voie ou qu’on ne les voie pas.

Le bon est récompensé et le mauvais est puni.

Telles des routes tracées et invariables, le chemin du mal mène à la destruction et le chemin du bien mène à la bénédiction. Ce fut le cas par le passé, ça l’est aujourd’hui et ça le sera demain.

Celui qui voit d’un œil ouvert et d’un cœur éveillé les différents destins des hommes et des nations connaît la véracité de ces paroles.

Aussi longtemps qu’une nation suit le chemin de Dieu et obéit à Ses commandements, elle domine et prospère. Dès qu’elle dérive dans les abîmes des injustes croyances, des pratiques dégradantes et des mœurs honteuses, elle chavire dans la déchéance et se dirige inévitablement vers son déclin et sa décomposition.

Et pour l’individu, cette réalité est encore plus remarquable et plus visible.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 54/V : 43) :

« Vos mécréants sont-ils meilleurs que ceux-là, ou bien avez-vous une immunité dans les Livres révélés ? »

Dans l’article 4, nous quittons les récits des anciens peuples pour entrer dans l’histoire de l’un des plus grands prophètes que Dieu ait envoyés : Moïse, fils d’Imrân. Nous commencerons par rendre hommage à tous les prophètes et messagers avant de suivre le destin extraordinaire de la mère de Moïse — une femme qui confia son enfant aux flots du Nil par amour et par foi. Puis nous accompagnerons Moïse de l’Égypte à Madyan, jusqu’au mont du Sinaï, là où Dieu lui parla directement et lui transmit le fondement de toute religion : l’unicité de l’adoration.

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