Les jardins de la croyance islamique 2 : Le voyage de l’âme

Par : Tamime Khemmar

Que se passe-t-il réellement au moment de la mort ? Que vit l’âme lorsqu’elle quitte ce monde ? Dans cet article, nous accompagnons deux défunts — l’un bienheureux, l’autre malheureux — dans leur premier voyage après la mort, à travers des récits tirés de la parole authentique du Prophète Mouhammad, que l’éloge d’Allâh et Son salut soient sur lui. Nous découvrirons ensuite ce qu’est la foi, ce qu’est la tombe, et ce qu’Allâh, élevé soit-Il, promet à ceux qui L’ont adoré avec sincérité. Puis nous nous arrêterons, le temps d’une discussion, pour répondre à la question fondamentale : d’où viennent toutes ces vérités sur l’imperceptible (ghayb) — et pour quelle raison Dieu nous les a-t-Il révélées ?

Le bienheureux

Suivons ensemble deux défunts et regrettés — parents ou amis, connus ou inconnus, hommes ou femmes — dans leur cheminement vers l’au-delà. Le premier se trouve parmi les siens, allongé sur son lit de mort, harassé et éprouvé par une longue maladie. Il n’attend plus que la fin.

Ses amis et ses parents l’entourent et le réconfortent du mieux qu’ils peuvent. Soudain, elle est là — celle que tous nous connaissons. La mort fatale et inévitable, sœur siamoise de la vie. Qui goûte à la vie doit y goûter, aussi terrible et amère soit-elle.

« Des anges descendent du ciel. Leurs visages sont rayonnants, tels un soleil qui brille. Ils tiennent un linceul et des aromates venus du Paradis et s’assoient loin de lui.

Arrive, alors, l’ange de la mort. Il s’assoit à côté de sa tête et lui dit : « Toi, âme pure et pieuse, sors retrouver la clémence d’Allâh et Son approbation. »

Telle une goutte d’eau qui coule du goulot d’un récipient, cette noble et pieuse âme s’extrait et quitte son enveloppe charnelle.

Dès que l’ange de la mort prend cette âme, les deux anges la lui enlèvent précipitamment, l’enveloppent dans le linceul et l’embaument avec les aromates. Elle dégage alors une odeur plus agréable que le meilleur parfum de musc qui eût jamais existé sur cette terre.

Ils entament leur ascension et ne dépassent guère un groupe d’anges sans que ceux-ci ne leur demandent : à qui appartient cette âme à l’odeur si agréable ?

Ils leur répondent : c’est l’âme d’untel, fils d’untel — lui donnant les noms les plus honorables qui lui avaient été donnés lors de sa vie.

Quand ils atteignent le ciel de ce monde — premier des sept cieux —, ils demandent à y accéder. Cela leur est accordé et les portes du premier ciel s’ouvrent. Ils sont alors escortés vers le ciel suivant par les anges au rang le plus élevé.

Leur ascension se poursuit de ciel en ciel vers le septième et dernier ciel. Quand ce convoi béni atteint enfin le septième ciel, Allâh, dans Sa gloire et Sa grandeur, ordonne à Ses anges d’inscrire la destination de Son serviteur et ses actions dans les hauteurs du Paradis.

Il leur ordonne ensuite de le reconduire sur terre, car Il leur dit : de la terre Je les ai créés, dans cette terre Je les remettrai et de cette terre, une seconde fois, Je les extrairai.

Son âme est alors réintroduite dans son enveloppe charnelle. Deux anges viennent à ses côtés et le font asseoir.

— Qui est ton Dieu ?, lui demandent-ils.

— Mon Dieu est Allâh, répondit-il.

— Quelle est ta religion ?

— Ma religion est l’Islam.

— Qui est cet homme qui vous a été envoyé ?

— C’est le Messager d’Allâh.

— Comment as-tu su cela ?

— J’ai lu le Livre d’Allâh, j’ai eu foi en lui et j’y ai cru.

Alors une voix retentit dans le ciel : mon serviteur a dit la vérité ! Recouvrez sa tombe d’une tapisserie provenant du Paradis, vêtissez-le d’habits provenant du Paradis et ouvrez-lui une porte donnant sur le Paradis. Il lui parvient alors de sa brise et de sa sérénité, et sa tombe s’élargit aussi loin qu’il peut voir.

Un homme au visage enchanteur, aux habits resplendissants et à l’odeur parfumée vient le voir.

— Attends-toi à ce qui va te rendre heureux, lui dit-il. Est venu le jour qui t’a été promis.

Il lui demande : Qui es-tu, toi au visage qui ne porte que le bonheur ?

— Je suis tes bonnes actions, lui répondit-il.

Alors il dit : Dieu ! Faites que l’heure de la résurrection arrive, pour que je puisse retrouver mes proches et mes biens. »

Tel est le cheminement d’un bienheureux dans un monde qui n’est que transitoire — le monde des morts.

Il restera dans sa tombe, tombe qui sera un petit jardin du Paradis, et attendra sereinement la venue de l’heure de la résurrection — l’heure où tous les morts sortiront de leurs tombes comme, de leur vivant, ils sortaient chaque matin de leurs lits.

[ Extraits de la parole prophétique (Al-Hadîth) (As-Sahîh) rapporté par Al-Barâ’a Ibn ‘Âzib, cité dans les recueils : Al-Janâ’iz (159), (Ahmad 53/74/7), (Sounan Abû Dâwûd 4727/89/13).]

Le malheureux

Le second — malheureux second, triste et pauvre second qu’on ne nommera pas. Quel nom pourrait-on lui infliger : le maudit, le damné, le châtié ?

Cet homme impie et incroyant, mort sans croire ni en Dieu ni à la résurrection.

Cet homme qui était certain de ne plus être, après sa mort, que vent et poussières.

Que reste-t-il de nos ancêtres ? devait-il se dire de son vivant. Quelques ossements desséchés et rongés par la terre — cette terre qui avale tout ce qui vit sur elle. Ultime fin et indubitable sort : le néant.

Néant est le début, néant sera la fin.

Inébranlable conviction et certitude absolue. Rien n’existe à part ce que je vois, ce que j’entends et ce que je ressens.

Telle est la croyance de cette pauvre âme — cette âme qui se dirige avec cette confiance illusoire vers ses derniers instants parmi les vivants.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 45/V : 23-26) :

« As-tu vu celui qui a pris son désir pour divinité ? Allâh l’a égaré sciemment, a scellé son ouïe et son cœur et a mis un voile sur sa vue. Qui donc le guidera après Allâh ? Ne réfléchissez-vous donc pas ? Ils ont dit : « Il n’y a que notre vie d’ici-bas ; nous mourons et nous vivons, et seul le temps nous fait disparaître. » Ils n’ont aucune connaissance concernant cela. Ils n’ont assurément que des doutes. Lorsque Nos versets explicites leur sont récités, leur seul argument est de dire : « Ramenez nos ancêtres, si vous êtes sincères. » Dis : « Allâh vous fait vivre, puis vous fait mourir, puis vous rassemblera le Jour de la résurrection, à propos duquel il n’y a aucun doute. Seulement, la plupart des gens ne savent pas. » »

Entouré de ses proches et dévoués, étendu sur son lit de mort, il attend, impuissant, que son heure vienne. Il aurait voulu rester encore quelques années, quelques jours, quelques heures — même quelques instants.

Mais harassé et désespéré, il sait que la vie qu’il aime tant va, hélas, le quitter et que ses instants sont comptés.

« Des anges descendent du ciel. Leurs visages sont sombres et noirs. Ils tiennent un épais et rugueux tissu et se tiennent à perte de vue de lui.

Puis arrive l’ange de la mort. Il s’assoit à côté de sa tête et dit : toi, mauvaise âme, sors retrouver le mécontentement d’Allâh et Sa colère. Son âme se disperse dans son corps. L’ange de la mort l’arrache brutalement, comme on arrache un crochet de fer enfoui dans du coton humide.

Aussitôt qu’il la prend, les anges la lui enlèvent et l’enveloppent dans le tissu rugueux. Son âme dégage alors une odeur fétide et puante, aussi forte que l’odeur de la plus malodorante dépouille qui eût jamais existé sur cette terre.

Ils entament leur ascension et ne passent guère devant un groupe d’anges sans que ceux-ci ne leur demandent à qui appartient cette mauvaise âme.

Ils leur répondent : c’est untel, fils d’untel — le traitant par ses noms les plus injurieux qui lui furent donnés lors de sa vie — jusqu’à ce qu’ils atteignent le ciel de ce monde, le premier ciel. Ils demandent alors la permission d’y accéder, mais il ne lui sera pas permis d’entrer. Les portes du ciel restent closes.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 7/V : 40) :

« Certes, ceux qui ont démenti Nos signes et s’en sont détournés par orgueil, les portes du Ciel ne leur seront guère ouvertes et ils n’entreront au Paradis que lorsque le chameau passera par le trou de l’aiguille. C’est ainsi que Nous rétribuons les criminels. »

Alors Allâh, dans Sa grandeur et Sa gloire, ordonne à Ses anges d’inscrire son nom dans le livre des malheureux.

Son âme est alors précipitée brutalement du ciel vers la terre.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 22/V : 31) :

« Quiconque associe à Allâh, c’est comme s’il tombait du ciel et que les oiseaux le déchiquetaient ou que le vent le jetait dans un endroit très éloigné. »

On remet son âme dans son corps et deux anges arrivent pour le faire asseoir.

— Qui est ton Dieu ?, lui somment-ils de répondre.

— Hah, hah, balbutie-t-il, je ne sais pas.

— Quelle est ta religion ?

— Hah, hah, je ne sais pas.

— Qui est cet homme qui vous a été envoyé ?

— Hah, hah, je ne sais pas.

Alors retentit une voix venue du ciel : il a menti ! Tapissez sa tombe de flammes et ouvrez-lui une porte donnant sur l’Enfer. Qu’il lui parvienne de sa chaleur ardente et de son souffle brûlant et pestilentiel.

Sa tombe se resserre sur lui jusqu’à ce que ses côtes s’entremêlent et rentrent les unes dans les autres.

Lui vient alors un homme au visage hideux, aux habits sales, dégageant une odeur infecte.

— Attends-toi à ce qui va te désoler, lui dit-il. Voici venu le jour qui t’a été promis.

— Qui es-tu, toi au visage qui ne présage que le malheur ?, lui demande-t-il.

— Je suis tes mauvaises actions, lui répond-il.

Il cria alors et supplia : Dieu ! Faites que l’heure de la résurrection ne vienne jamais.

On lui envoie alors un être aveugle, sourd et muet, tenant en sa main une énorme masse de fer. S’il frappait une montagne avec elle, il la réduirait en poussière. Il lui assène un coup terrible qui le réduit en poussière. Dieu le rend tel qu’il était et ce dernier lui assène un deuxième coup. Il pousse alors un cri si fort que toutes les créatures l’entendent, sauf les hommes et les djinns. »

[Extraits traduits de la parole prophétique (Al-Hadîth) (As-Sahîh) rapporté par Al-Barâ’a Ibn ‘Âzib, cité dans les recueils : Al-Janâ’iz (159), (Ahmad 53/74/7), (Sounan Abû Dâwûd 4727/89/13).]

Terrible sort et effroyable destinée — une épouvante complète et désolante qui va durer jusqu’au Jour de la résurrection.

La foi

Nous qui sommes en vie ne sommes pas capables de voir cette vérité, car le vivant ne voit pas le monde des morts. Seulement, il doit y croire.

Il ne voit pas non plus les anges qui sont partout autour de lui, mais il doit aussi y croire.

Croire en ce qu’il ne voit pas de ses propres yeux — c’est cela la foi. Cette foi qui va déterminer le sort de chacun.

Croyant ou non-croyant, heureux ou malheureux — telle est la vraie question.

La tombe

Revenons à notre malheureux. Sa tombe funeste — réel abîme de l’Enfer — sera pour lui un lieu de souffrance et de désolation qui l’enfermera jusqu’au Jour de la résurrection.

C’est la vérité, et c’est une triste vérité, fatale et inévitable.

Sache, mon frère — que Dieu sauve ton âme — que cette tombe que tu vois est le début d’un malheur infini. Infini dans la durée et dans l’intensité.

Ce mort qui est devant toi traversera des étapes successives dans le monde de l’au-delà. Durant son long voyage — qui finira dans la demeure de la damnation éternelle — sa souffrance et ses supplices iront toujours en s’accroissant.

Dans le cas contraire — que je souhaite à toi, à moi et à tous nos frères et sœurs qui auront suivi le droit chemin — cette tombe sera un lieu de sérénité et de paix. Les croyants s’achemineront paisiblement vers leur dernière demeure. Leur bonheur et leur satisfaction iront toujours en s’accentuant. Leur mort sera paisible. Leur tombe sera un jardin paradisiaque. Et ce qui suivra sera toujours meilleur.

L’espoir

Lors de la mort de chaque croyant en Dieu, en Ses anges, en Ses livres, en Ses messagers et au Jour dernier — pieux ayant accompli, du mieux qu’il a pu, ses devoirs religieux et ses obligations envers son Créateur — lors de la mort de ce béni, les anges descendent du ciel et lui annoncent la fin de ses peines et de ses souffrances dans ce bas monde.

Ils lui annoncent le début de ses joies et de son bonheur en lui disant qu’aucune crainte, plus jamais, ne le tourmentera et qu’aucune peine ne l’attristera.

Plus jamais.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 41/V : 30-32) :

« Ceux qui ont dit : « Notre Seigneur est Allâh », puis se sont maintenus sur la rectitude, les Anges descendront auprès d’eux, leur disant : « N’ayez pas peur, ne vous attristez pas et réjouissez-vous de l’heureuse nouvelle du Paradis qui vous était promis. Nous sommes vos alliés dans la vie d’ici-bas et dans la vie dernière. Vous y aurez tout ce que vous désirerez, et vous y recevrez tout ce que vous demanderez. Ceci est un accueil préparé par Celui qui couvre et pardonne immensément, qui fait miséricorde. » »

Plus jamais vous n’aurez peur, plus jamais vous ne serez tristes, leur diront-ils.

N’est-ce pas ce que chacun de nous veut ? N’est-ce pas ce que nous cherchons tous ?

Qu’on n’ait plus peur de ce qui nous attend demain.

Qu’on n’ait plus peur de personne.

Qu’on n’ait plus peur de tomber malade, de vieillir, de mourir, d’être seul, de souffrir, de pleurer. Et combien on pleure et combien on souffre.

Qu’on n’ait plus peur de perdre une personne qu’on aime et qu’on chérit — un frère ou une sœur, une femme ou un mari, un père ou une mère.

Qu’on ne soit plus triste.

Que c’est triste de perdre un enfant, grand soit-il ou petit.

Que de pauvres mères ont pleuré la perte d’un enfant et auraient préféré qu’on leur arrache les entrailles plutôt que de leur prendre leur enfant.

La tristesse — cette désolante et terrible compagne — qui tisse de ses fils douloureux un épais et sombre voile recouvrant les jours et les nuits de notre existence.

Que de larmes versées en secret. Que de cris ayant déchiré le silence de la nuit. Tel un lourd nuage qui pleut des torrents et foudroie à coups d’éclairs, la peine et la tristesse ont rempli les cœurs des hommes de chagrin et les ont noyés dans des océans de larmes.

Jamais plus vous n’aurez peur.

Jamais plus vous ne serez tristes.

Plus jamais de peur, mais la sécurité et la confiance totales.

Plus jamais d’angoisse, mais le calme, la sérénité et la plénitude.

Plus jamais de maladies, mais la santé et la vie parfaite.

Plus jamais de tristesse, mais la joie et la gaîté.

Plus jamais de pleurs ni de larmes, mais des rires et des sourires.

Plus jamais de séparations ni de déchirements, mais la convivialité et les retrouvailles.

Plus jamais de remords ni de regrets, ni de blâme, ni de désapprobation — mais l’éloge et l’approbation d’un Seigneur clément et miséricordieux, qui aime que Son serviteur — qui L’a tant prié et adoré — lui revienne.

Lui revienne avec un cœur purifié et débarrassé de toute souillure, et vienne en Son voisinage habiter Son Paradis éternel.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 89/V : 27-30) :

« Toi, âme sereine ! Reviens vers ton Seigneur, satisfaite et comblée, entre donc parmi Mes serviteurs et entre donc dans Mon Paradis. »

La discussion

Arrêtons-nous quelques instants et faisons une petite pause.

Imaginons trois personnes qui discutent autour d’une table conviviale.

— La première personne : Quelles histoires vous nous racontez là ! Il est vrai que vous avez beaucoup d’imagination. Mais vous n’allez tout de même pas vous attendre à ce qu’on croie à ces histoires d’anges qui volent et qui écrivent nos actions, à des tombes paradisiaques et infernales, à des morts qui sortent de leurs tombes et surtout à un jugement divin. Même si je crois en Dieu — Dieu est bon et il ne fait pas de mal — et si diable il y a, c’est sûrement un homme méchant qui ressemblerait à beaucoup de religieux que je connais.

— La seconde personne : J’ai écouté attentivement ce que vous avez dit, et j’avoue que j’ai eu l’impression d’avoir déjà entendu cela quelque part. C’est comme si vos paroles me rappelaient quelque chose d’enfoui dans ma mémoire. Pourtant je suis sûr de n’avoir jamais entendu, de mes propres oreilles, la majorité de ce que vous avez dit. Je n’arrive pas à définir la sensation que j’ai en ce moment, mais j’avoue que c’est une sensation agréable et soulagente. Beaucoup de questions se précipitent en même temps, mais je ne vous en poserai qu’une seule : comment savez-vous tout cela ? Qui vous l’a dit ?

— La troisième personne (l’écrivain) : Avant de répondre à votre question — qui est une excellente question et qui révèle une volonté certaine de comprendre et de découvrir toute vérité ignorée — je vous demande une chose. Je vous demande de réfléchir.

Réfléchis !

Réfléchissez ! C’est ce que je vous demande et vous demanderai toujours. Posez-vous des questions et sortez de vos préjugés !

Libérez-vous de vos idées préconçues et ne vous fiez pas aux présomptions. Ayez un esprit critique.

Faites comme ce Romain : je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu. Et c’est la victoire qui est au bout du chemin.

Notre cerveau est conçu pour réfléchir. Et le monde qui nous entoure est un ensemble d’indices qui ne demandent qu’à être vus, et des vérités qui attendent d’être découvertes. Regarde l’indice, réfléchis, découvre la vérité — et c’est la victoire.

Je vous demande de découvrir ce qui vous sera utile, ce qui vous fera un immense bien. Je ne vous demande que de vous faire, vous-mêmes, du bien.

Fais-toi du bien !

Cesse de te faire du mal ! Cesse de souffrir et de faire souffrir !

Sois heureux et rends tes proches et tes amis heureux ! Vis une belle vie, meurs une belle mort et finis au Paradis !

Quel mal y a-t-il à te demander cela ?

Et puis, je ne te demande rien en contrepartie. Ni argent, ni remerciements. Dieu, le Généreux, me suffit.

Au fait, je ne fais cela que pour sauver mon âme. Quelle terre me portera et quel ciel me couvrira quand je serai debout devant mon Créateur tout-puissant et qu’Il me demandera : pourquoi n’as-tu pas transmis ce que tu savais ? Pourquoi ne l’as-tu pas appris à ceux qui l’ignoraient ?

Ne t’a-t-on pas fait la faveur de te sortir des ténèbres de l’ignorance et de t’enseigner ce que tu ne savais pas ?

Qu’as-tu fait de ton savoir ? Qu’as-tu fait de ta vie ?

Qui me protégera alors de la colère de Dieu ?

Ce n’est pas uniquement votre âme que je cherche à sauver, mais c’est aussi la mienne.

Que Dieu m’aide, moi Sa créature sans force ni ressources, me guide sur le droit chemin qui mène à Son contentement, me débarrasse de tous mes péchés et me lave de toutes mes souillures.

La source du savoir

Revenons à votre question : d’où viennent toutes ces histoires ? Histoires du passé et du futur. Histoires du visible et de l’invisible. Histoires du monde des vivants et de l’au-delà.

La réponse est unique, simple et extraordinaire :

Dieu.

D’où viennent toutes ces vérités ? De Dieu.

Quelle est la source de cette connaissance ? Dieu.

Qui nous a appris ce que nous ignorions ? Dieu.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 42/V : 52) :

« De même, Nous t’avons révélé un esprit de Notre ordre. Tu ne connaissais absolument pas ce qu’était le Livre ni la foi, seulement, Nous en avons fait une lumière grâce à laquelle Nous guidons qui Nous voulons parmi Nos serviteurs. Certes, tu guides vers un chemin droit. »

Pourquoi ?

Pourquoi Dieu nous a-t-il appris toutes ces choses ? Voilà une question utile et nécessaire.

Dieu, dans toute Sa bienveillance et Sa bonté infinies, nous a informés de ce qui fut et ce qui sera, de ce qu’on voit et de ce qu’on ne voit pas — pour nous aider à accomplir une tâche précise.

Il nous a informés de tout ce qui nous sera utile pour accomplir la tâche pour laquelle Il nous a créés, nous et les djinns : l’adoration.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 51/V : 56) :

« Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. »

C’est pour cela qu’Il nous a créés, et uniquement pour cela.

La créature n’a été créée que pour adorer son Créateur. Et c’est là qu’elle réalise son accomplissement et atteint son ultime satisfaction.

C’est cela le bonheur absolu de l’être humain : se prosterner et se soumettre, corps et âme, humblement et sereinement, devant son Créateur.

Ne l’a-t-Il pas créé alors qu’il n’était rien ?

Dieu a créé l’homme d’une eau vile et sans la moindre force. Il lui a donné des yeux et des oreilles et lui a montré le chemin du salut.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 76/V : 1-3) :

« A-t-il passé pour l’homme une période de temps où il n’était rien de mémorable ? Certes, Nous avons créé l’homme d’une petite goutte mélangée pour l’éprouver. Nous l’avons alors fait entendant et voyant. Certes, Nous lui avons montré le chemin : soit il est reconnaissant, soit il est ingrat. »

Celui qui verra, entendra et remerciera se réjouira. Et celui qui restera aveugle et sourd dans cette vie le sera dans la seconde — il périra en Enfer, et c’est le juste châtiment.

Châtiment de celui qui s’est éloigné de ce pour quoi il a été créé et a repoussé sa vraie nature et son essence même.

Toute clémence et tout pardon s’éloigneront de lui en ce Jour-là, et il sera banni de toute miséricorde.

Le Jour où il en aura le plus besoin. Le jour où il sera seul, faible et dépourvu de toutes ressources. Ni frère, ni sœur, ni ami — chacun pour soi.

Le terrible Jour où les cieux et la terre vont trembler. Cet aveugle et sourd, en ce Jour-là, ne sera ni vu ni entendu — il sera oublié.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 45/V : 34):

« Il sera dit : « Aujourd’hui, Nous vous oublierons comme vous avez oublié la rencontre du Jour que voici, votre demeure sera l’Enfer et vous n’aurez personne pour vous secourir. » »

L’adoration d’Allâh

Expliquons ce mot d’une importance capitale dans la vie de chacun de nous — pour lequel les messagers furent envoyés, qui est la cause même de notre création et dont la réalisation est notre mission ultime : l’adoration.

« L’adoration d’Allâh est la soumission totale à Allâh en toute humilité, avec tout l’amour et toute la vénération, en exécutant Ses commandements et en s’éloignant de Ses interdits, tel que cela a été expliqué par Ses messagers.

L’adoration d’Allâh englobe tout ce qu’Allâh aime et agrée comme pensées, paroles et actes, apparents ou cachés, tels que : la crainte, l’espérance, se confier à Allâh, la prière (Assalât), l’aumône (Azzakât), le jeûne (Assiyâm) et les autres commandements de l’Islam. »

Tout au long de ce livre, ce mot sera employé dans ce sens précis.

Suite

Pourquoi Dieu nous a-t-il appris toutes ces vérités ?

Pour nous avertir et nous alerter avant qu’il ne soit trop tard.

Ne suivez pas le chemin du diable — il ne vous mènera qu’en Enfer. Ne faites pas de péchés. La mauvaise action affecte votre cœur. Et un cœur malade s’éloigne de la vraie croyance. Et si votre cœur durcit et meurt, même si vous marchez parmi les vivants, vous êtes mort.

Et le jour où vous vous trouverez réellement devant les portes grandes ouvertes de l’Enfer, ses gardiens vous diront, avant de vous y jeter : ne vous a-t-on pas envoyé quelqu’un d’entre vous pour vous avertir du danger de ce Jour ?

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 39/V : 71-72) :

« Ceux qui ont mécru seront conduits en Enfer par groupes. Lorsqu’ils y arriveront, on ouvrira ses portes et ses gardiens leur diront : « Ne vous est-il pas venu des Messagers parmi vous qui vous ont récité les versets de votre Seigneur et vous ont mis en garde contre la rencontre de votre Jour que voici ? » Ils diront : « Oh que si ! Seulement, la parole du châtiment doit s’appliquer sur les mécréants. » Il sera dit : « Franchissez les portes de l’Enfer où vous demeurerez éternellement. Et quelle malheureuse demeure que celle des orgueilleux ! » »

Pourquoi nous a-t-Il appris toutes ces vérités ?

Pour annoncer aux bienheureux tout le bonheur et toute la béatitude qui les attendent.

Pour leur apprendre que leur savant Souverain — qui voit tout — est satisfait de leurs actes, de leurs gestes, de leurs pensées et de leurs sentiments.

Et bien sûr pour leur indiquer tous les détails qui les aideront à parcourir le chemin qui les sépare de leur dernière et éternelle demeure.

Pour leur apprendre ce qu’ils doivent faire et ce qu’ils ne doivent surtout pas faire. Où trouveront-ils la clémence et la bénédiction de leur Souverain miséricordieux, et où se trouvent Sa colère et Son châtiment.

Tout est dit et expliqué pour que leurs cœurs soient réconfortés et rassurés, pour que leurs forces soient préservées et décuplées, et pour que leurs pas soient guidés et maintenus sur le droit chemin.

Voilà ce qu’annonce le message de Dieu : une vie agréable et paisible, une mort douce et sereine, et une vie éternelle et heureuse dans les jardins d’Éden — retrouvant à jamais leurs bien-aimés et leurs amis dans la satisfaction et l’approbation d’un Dieu aimant et généreux.

Pourquoi nous a-t-Il appris toutes ces vérités ?

Pour Le connaître, Lui, et nous connaître nous-mêmes.

Le connaître, Lui. Un seul Dieu. Un seul Créateur. Créateur de toute chose. Nulle divinité ne mérite d’être adorée et vénérée que Lui.

Miséricordieux et clément, Il accepte la pénitence et le repentir, et Il pardonne.

Juste et équitable. Il punit et châtie celui qui a encouru Sa colère, défié Ses messagers et transgressé Ses commandements.

Et pour nous connaître nous-mêmes. Car qui dit châtiment dit châtié, et qui dit récompense dit récompensé. Nous sommes — nous et les djinns — le lieu et l’objet de cette volonté divine, et c’est vers Lui que nous reviendrons tous.

Allâh, élevé soit-Il, dit (S : 40/V : 1-3) :

« Hâ, Mîm. Ce Livre est descendu, provenant d’Allâh, Le Très Puissant, L’Infiniment Savant, Celui qui couvre et pardonne les péchés, Celui qui accepte le repentir, dont le châtiment est dur, et Celui qui est plein de bienfaisance. Nulle divinité ne mérite l’adoration hormis Lui. C’est vers Lui seul que sera la fin. »

 

Dans l’article 3, nous quitterons le monde de l’âme et de l’au-delà pour remonter aux origines de l’humanité. Nous découvrirons comment les hommes, après avoir connu la vérité, s’en éloignèrent peu à peu, et comment Dieu, dans Sa miséricorde, leur envoya Ses prophètes pour les ramener à la lumière — de Noé à Abraham, d’Ismaël à Loth — et nous méditerons sur les leçons que leurs histoires nous ont laissées.

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