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Complet : Le rêve dans l’Islâm

Complet : Le rêve dans l’Islâm

Par : Tamime Khemmar

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Le rêve est un état que connaît chaque humain de lui-même, lorsque le sommeil l’entraîne dans un monde inconnu, différent du monde de l’éveil, subtil et mystérieux, mais qui reste, quand même, un monde à part entière.

Même si après l’éveil, toutes les visions du sommeil disparaissent, il est incontestable que ces visions ont un lien étroit avec le monde de l’éveil, passé ou futur.

Celui qui veut connaître la réalité de ce monde invisible et caché et ce qu’il renferme, comme secrets et indications, doit se tourner vers celui qui connaît le visible et l’imperceptible, l’apparent et le caché : Allah, soubhânah.

Celui qui frappera à la porte qui s’ouvre sur la connaissance universelle aura la réponse à toutes ses questions, car Allah, soubhânah, dit, (S : 27/A : 65) :

(Dis[1] : Personne dans les Cieux ou la Terre ne connaît al-ghayb  (l’imperceptible) hormis Allah).

Que se passe-t-il donc lorsque l’on dort ?

L’état du sommeil est un état très particulier où l’âme quitte le corps et rencontre d’autres âmes, de morts ou de vivants.

En effet, Allah, soubhânah, récupère les âmes des morts et celles de ceux qui dorment, par le biais d’Anges chargés de cette mission.

Ces âmes se rencontrent et certaines se reconnaissent entre elles.

Puis lorsque le temps de leur retour vers leurs corps arrive, Allah retient les âmes des morts et les empêche de revenir et Il renvoie celle des dormeurs réintégrer leurs corps[2].

Allah, soubhânah, dit, (S : 39/A : 42) :

(Allah récupère les âmes de ceux qui sont morts et celles de ceux qui ne sont pas morts, lors de leur sommeil. Il retient celles dont Il a décidé la mort et renvoie les autres jusqu’à un délai précis).

Qu’est-ce qui se passe lors de la rou’yâ (vision) bienfaisante et véridique ?

La rou’yâ bienfaisante et véridique est un exemple donné par l’ange chargé de cette mission afin que celui qui fait cette rou’yâ interprète l’exemple donné et l’applique sur son analogue dans sa vie d’ici-bas.

Comme fut le cas dans sourate Joseph où le roi fit une vision où il vit sept vaches grasses dévorées par sept vaches maigres. Il vit aussi sept épis verts et sept autres secs.

Ceci fut l’exemple proposé par l’Ange au roi lors de son sommeil.

Le seul qui parvint à interpréter cette vision fut le Prophète Joseph (Que le salut soit sur lui), qui apprit au roi et à son peuple qu’ils allaient vivre sept années fertiles, où les récoltes seront abondantes.

Puis, celles-ci seront succédées par sept autres années de disette et de sécheresse.

Il leur apprit ensuite ce qu’ils devaient faire pour survivre à cette pénible épreuve.

Ramadân le mois de la révélation du Coran

La différence entre la rou’yâ véridique et le houlm :

La rou’yâ véridique provient d’Allah et le houlm (le rêve) ou la mauvaise rou’yâ  qui attriste et fait peur provient du Chaytân (Satan) comme cela fut affirmé par le Prophète [ﷺ] qui dit : « Ar-rou’yâ (la vision) véridique provient d’Allah et al-houlm (le rêve) provient du Chaytân (Satan). »[3]

Ceci est une importante différence entre la rou’yâ et le houlm.

Les trois types de rou’yâ (vision) :

Lors du sommeil, on peut avoir trois types de rou’yâ :

1- La rou’yâ bienfaisante et véridique qui provient d’Allah et qui se concrétise. Dont font partie les moubachchirât (les heureuses annonces qui réjouissent) accordées par Allah à ses bienfaisants serviteurs.

2- Hadîth-annafs (ce que l’on se dit soi-même ou que l’on décide de faire lors de l’éveil et que l’on voit dans le sommeil) ou les divagations dues à la maladie.

3- La vision terrifiante qui provient du Chaytân (Satan) qui veut attrister le dormeur.

En effet, le Prophète [ﷺ] a dit : « Ar-rou’yâ (la vision) est de trois sortes : la rou’yâ bienfaisante qui est une bouchrâ (une heureuse annonce) de la part d’Allah. Une rou’yâ attristante de la part du Chaytân (Satan) et une rou’yâ qui provient de ce que l’on se dit à soi-même. »[4]

Comment reconnaître la rou’yâ ou houlm qui provient du Chaytân ?

La houlm (le rêve) ou la rou’yâ (vision) de ce que l’on n’aime pas est provoquée par la Chaytân. Elle terrifie le dormeur ou l’attriste.

Car, le Chaytân est le plus grand ennemi de l’homme et n’a de soucis que de lui faire du mal et de l’éloigner de tout bien.

Il vient alors vers l’homme lorsqu’il est en état d’inconscience et de sommeil et lui fait apparaître des images et des sons qui l’effrayent ainsi que des situations qui l’attristent.

Il lui montre par exemple qu’il est malade ou qu’il est tombé dans un puits, qu’il est menacé, que des scorpions le piquent, que des serpents le mordent, qu’il est entré en Enfer, etc. Tout cela pour l’attrister et lui faire du mal.

Le Chaytân peut aussi se moquer du dormeur en lui faisant vivre des situations impossibles comme celui qui raconta au Prophète [ﷺ] qu’il a vu sa tête coupée et rouler devant lui. Il se mit alors à courir derrière elle. Le Prophète [ﷺ] lui dit : « Ne raconte pas aux gens comment le Chaytân se moque de toi dans ton rêve. »

Que doit donc faire le dormeur lorsqu’il a une rou’yâ ou un houlm du Chaytân ?

Lorsque l’on se réveille effrayé par une rou’yâ on doit appliquer les consignes du Prophète [ﷺ]et inchâ’Allah, elle ne nous causera aucun mal et ne nous attristera point.

Il faut donc faire ceci :

1 – Cracher vers l’épaule gauche, avec un peu de salive en invoquant la protection d’Allah contre le maudit Chaytân, en disant : « Acoûthou bi-llâhi mina-chchaytâni-rrajîmi  wa min charri mâ ra’ayt[5] », trois fois.

2 – Changer de côté et se coucher sur son deuxième flanc. S’il l’on est couché sur le côté droit, on se met sur le côté gauche et l’inverse.

3 – Accomplir la salât.

4 – Ne la raconter à personne.

Le billet de ramadhan : Comment ne plus avoir peur ?

Attention ! Ne racontons notre mauvais rêve à personne.

Si nous ne la racontons pas, cette mauvaise rou’yâ ne nous causera aucun préjudice.

Il est très important de ne pas la raconter, car si nous la racontons, il y a un grand risque qu’elle se produise.

Aussi, ne pas accorder d’importance à ce genre de visions est la meilleure chose à faire, car si le Chaytân voit que sa rou’yâ a produit un effet sur quelqu’un, qu’il s’en soucie et cherche à comprendre son sens, il le tourmentera beaucoup et s’efforcera de lui montrer, lors de son sommeil, encore plus de choses qui l’attristeront et l’effrayeront.

Repens-toi de la sorcellerie !

Comment reconnaitre hadîth an-nafs ?

Hadîth annafs englobe tout ce que l’on se dit à soi-même, c’est-à-dire les pensées, ou ce que l’on veut faire lors de l’éveil.

Tout cela nous occupe l’esprit et se transforme lors du sommeil en rêves.  Par exemple, quelqu’un qui veut voyager avec ses amis voit dans son sommeil qu’il prépare ses bagages, sa voiture et s’apprête à voyager.

S’ajoute à cela les divagations des malades causées par la fièvre ou par d’autres raisons. Tout cela ne porte aucun préjudice au dormeur.

La rou’yâ bienfaisante et véridique 

La rou’yâ sâlihah (bienfaisante) ou sâdiqah (véridique) provient d’Allah.

Elle constitue une quarante-sixième part de la prophétie et annonce la bouchrah (l’heureuse nouvelle) au croyant pour le rendre heureux et le soutenir.

Comment reconnaitre une rou’yâ bienfaisante ?

Elle se manifeste d’une manière calme et n’effraye pas le dormeur qui voit ce qui le réjouit et les choses qu’il aime.

Il voit par exemple qu’il entre au Paradis, qu’il est avec des gens bienfaisants, etc.

La rou’ya véridique peut aussi avertir contre un danger.

Que doit-on faire lorsque l’on a une rou’yâ (vision) bienfaisante ?

Le prophète [ﷺ] nous a appris l’attitude à adopter lorsque l’on a une rou’yâ bienfaisante. Ceci se résume dans les points suivants :

1 – Remercier Allah et faire Sa louange pour cette immense grâce et dire « Al hamdou  li-llâh[6] ».

2 – S’en réjouir et attendre de la part de son Seigneur beaucoup de bien.

3 – Ne la raconter qu’à une personne que nous aimons.

Car celui qui ne nous aime pas peut être jaloux. Il nous fera du mal et s’efforcera de nous priver de cette grâce promise.

Nous ne devons pas aussi la raconter à une personne ignorante. Il faut la raconter à celui qui connaît l’interprétation des rou’yâ afin qu’elle soit interprétée correctement.

Il faut savoir que beaucoup de rou’yâ bienfaisantes sont très claires et n’ont pas besoin d’être interprétées.

Le Tawakkoul (compter sur Allah) : Sa réalité et ses conditions

Personne ne peut arrêter la miséricorde qu’Allah

Aussi il fait savoir que si Allah accorde une grâce à quelqu’un, cette grâce lui parviendra même si tous ceux qui se trouvent dans les Cieux et la terre s’efforceront de l’empêcher.

Allah, soubhânah, dit (S : 35/A : 2) :

(Personne ne peut arrêter une miséricorde qu’Allah accorde aux hommes).

Or, vu que la rou’yâ bienfaisante est une des plus grandes grâces d’Allah, qui annonce la venue de grandes faveurs futures de la part d’Allah, le croyant doit être certain qu’Allah lui fera comprendre son sens directement ou par l’intermédiaire de quelqu’un et qu’Il l’accomplira au moment de sa réalisation.

Qui interprète les rou’yâ ?

L’interprétation des rou’yâ est une inspiration qu’Allah accorde à celui qui Il veut.

Seulement celui qui interprète les rou’yâ doit méditer le Coran, les paroles du Prophète [ﷺ]et les indices qui orientent son interprétation.

Il doit se servir aussi des livres qui traitent de ce sujet (comme celui d’Ibn Sîrîn) mais ne doit pas compter uniquement sur eux, car la rou’yâ diffère selon la personne et selon son état.

Deux personnes peuvent avoir la même rou’yâ et son interprétation sera différente selon la différence qui existe entre eux.

Les hommes et les femmes dans le Coran

Comment arriver à faire une rou’yâ bienfaisante et véridique ?

Le Prophète [ﷺ]a dit : « Celui dont les rou’yâ (visions) sont les plus véridiques est celui dont les paroles sont les plus véridiques[7]. »

Ceci prouve que celui dont les paroles sont véridiques, qui est bienfaisant dans ses actes et qui suit le droit chemin aura l’avantage d’avoir des rou’yâ véridiques, qui se réaliseront certainement et lui apporteront le plus grand bien.

Il faut, donc, s’efforcer d’être sincère et de dire la vérité, afin d’avoir des rou’yâ véridiques.

La plus belle histoire de la hijrah

Conclusion :

La rou’yâ –  bienfaisante qui provient d’Allah ou attristante qui provient du Chaytân-  est à l’image de la vie réelle lors de l’éveil de l’homme.

S’il est croyant et véridique, il fera des rou’yâ véridiques qui le rendront heureux, le soutiendront et lui annonceront le bonheur futur qui l’attend dans les deux vies.

Les quelques rou’yâ du Chaytân qu’il aura ne lui feront aucun mal, car il appliquera ce que le Prophète [ﷺ] lui a prescrit de faire et n’en souffrira que très peu.

Tandis que celui qui est loin de la croyance ou de la droiture sera tourmenté dans son sommeil et sera victime du Chaytân qui se jouera de lui et l’égarera, tout comme il le fait continuellement de lui lors de son éveil.

Allah est le plus Savant.

Notes de l’auteur : 

[1] Dis Mouhammed

[2] Voir Tafsîr At-Tabarî.

[3] Al-Boukhârî (n° 6984)

[4] Al-Boukhârî (n° 7017) et Mouslim (n° 2263)

[5] (J’invoque la protection d’Allah contre le maudit chaytân (Satan) et contre le mal de la vision que j’ai eue)

[6] Louange à Allah.

[7] Mouslim (n° 2263)

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