Rappels

De l’importance de la tolérance en Islam






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  1. Michel BRUSTON dit :

    Le thème de la tolérance a été un thème central dans la réflexion des chrétiens d’europe occidentale après la deuxième guerre mondiale. D’une part vis-à-vis du judaïsme, à cause de la Shoah et de ce qui l’a rendu possible (l’anti-judaïsme chrétien millénaire et ses versions modernes sécularisézes) , d’autre part entre les nombreuses Eglises chrétiennes dans le monde, extrêmemnt divisées et hostiles, via la création du « Conseil œcuménique des Eglises ».
    Ayant été très engagé dans ces dialogues inter-religieux, je suis évidemment intéressé par ce qui élargit l’espace des échanges en incluant (enfin!) l’islam, donc par les réflexions musulmanes sur le même thème.

    1°) Je suis perplexe, dès le premier paragraphe, par cette question : « Quelle récompense découle de la tolérance ? » Un musulman a-t-il toujours besoin d’une « récompense » pour agir conformément à des valeurs universelles qui ne sont pas contraires à sa foi ? Si la-dire récompense consiste à accéder à l’amour de Dieu, alors il n’y rien à redire. Mais cette sorre de donnant-donnant pose question : « Celui qui fait preuve de tolérance envers autrui, Allah fera également preuve de miséricorde envers lui ».

    2°) Le verset coranique cité (21:107) parle de « miséricorde pur l’univers ». pas d’une égale miséricorde envers chaque habitant de celui-ci. Il n’exclut pas explicitement que la mission de Muhammad puis des musulmans soit de convertir à l’islam toute la population, par tous les moyens (y compris l’élimination des polythéistes acharnés). Il en est de même, plus bas, du verset 2:185.

    3°) La définition donnée de la « tolérance », réduite à « ADMETTRE » l’existence de gens différents, n’exclut pas explicitement des attitudes extrêmes, de type « je supporte ces gens mais ne m’en demandez pas plus » et/ou sentiment de supériorité à leur égard. En tout cas, il n’en découle logiquement ni douceur, ni ouverture d’esprit, ni miséricorde, même si ces qualités ne sont pas incompatibles avec une telle définition, qui est au fond plus passive qu’active.

    Il existe une autre vison de la tolérance plyus pragmatique, dite « active ». Elle part du principe qu’il faut dissocier « respect de l’autre », de sa dignité d’être humain, et « respect des opinions » de l’autre, deux attitudes qui au fond s’opposent l’un à l’autre. Et elle en conclut que c’est en allant si possible au bout des différends et en confrontant les visions du monde que l’on pourra résoudre certains conflits qui hantent le corps social et le rongent à petit feu. (https://blogs.mediapart.fr/jjmu/blog/270811/tolerance-active)

    4°) Le hadith d’Ibn ‘Abbas (rapporté par Al Boukhari et Ahmed) n’est pas clair ; envers qui l’orthodoxie doit-elle être « tolérante » ? A priori, l’interprétation la plus logique vise les pratiques hétérodoxes DE l’ISLAM. L’exemple de la tolérance entre les compagnons de Muhammad va dans le même sens.
    Il en st de même du hadith suivant : « Les meilleures formes de la foi sont la patience et la tolérance ».
    De plus, le recours à ces deux hadith dénote l’absence de verset coranique plus clair et plus convaincant.

    5°) Le hadith suivant : « Celui qui ferme les yeux sur les dettes d’un homme dans la gène ou les efface, Allah l’épargnera des affres du Jour de la résurrection ection » (Sahih al jami’) montre non pas d e la tolérance, mais de la générosité et de la bienfaisance. Il ne concerne De manière générale, « fermer les yeux sur les torts qu’autrui vous a fait subir malgré lui » n’a pas de rapport direct avec « admettre chez les autres des manières de penser et de vivre différentes » des vôtres

    6°) Dans un appel à la douceur et à la bienfaisance, il est paradoxal de trouver un rappel des terribles menaces de l’enfer, qui sont l’exact contraire d’une manifestation de cette « douceur » et de cette « bienveillance ».

    En conclusion, ce texte est décevant, tant par la faiblesse de son argumentation proprement islamique que dans le flou qui y règne sur ce que recouvre précisément la notion de tolérance;

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