1) Constat

Beaucoup de projets viables, crédibles et moteurs pour l’économie restent au fond des tiroirs fautes de financements. Voila dix ans que la finance islamique en France fait parler d’elle sans pour autant s’encrer dans le paysage bancaire et économique français. Les entraves juridiques et fiscales ont été pour longtemps le frein au développement de la Finance islamique. Beaucoup attendent encore l’arrivée ces banques islamiques pour créer des entreprises mais forcer de constater que les banques tardent ou peine à aller plus loin que le simple compte chèque. Alors que faire en attendant pour toutes ces sœurs et frères au projet novateurs et ambitieux, qui peinent à concrétiser leur projet, se démoralisent voire qui « faute de mieux » préfèrent s’endetter (en connaissance de cause) auprès des établissements bancaires !

Nous appelons donc à la création d’un bureau spécialement dédié à l’accompagnement dans la création d’entreprise avec pour colonne vertébrale l’aide financière. Nous appelons à la mobilisation des moyens financiers musulmans pour autonomiser la oumma et la sortir de l’assistanat souvent subi !

Notre projet vise à s’inspirer du principe du Waqf. Le waqf ayant plusieurs objectifs, nous inscrivons ici notre projet dans un but social incontestable pour l’épanouissement de la communauté musulmane Omar Ibn Al-Khattâb avait gagné une terre à la bataille de Khaybar, « le meilleur bien » qu’il ait reçu selon ses dires ; il interrogea le Prophète sur la meilleure manière de l’employer au service des musulmans. Le Messager d’Allah lui répondit : « Si tu veux, immobilise son fond et utilise ses produits dans le sentier de Dieu ; mais elle ne pourra plus ni être donnée, ni vendue, ni héritée.»

(le waqf est une donnée de fiqh relativement riche aussi nous nous tenons responsables de toutes erreurs qui s’y seraient glissées. Les corrections et modifications sont la bienvenue)

2) Objectifs

* Sensibilisation :

En premier lieu, il s’agit de démarcher le plus grand nombre d’entrepreneurs musulmans et créer des partenariat avec eux que cela soit en terme financiers et d’expertises, de nouer des contacts avec d’éventuels mécènes soucieux de l’indépendance de la oumma mais surtout sensibiliser la communauté dans son intégralité au travers des mosquées, des conférences, des masses médias.

* Justice et Equité dans le partage :

Toute personne devra déposer un dossier avec les données nécessaires qui sera étudié par un bureau d’études composé d’experts (objectifs de l’entreprise, montant de l’aide, viabilité, prévisionnel, etc). L’argent généreusement versé dans le fonds devra être utilisé à bon escient et gérer avec professionnalisme. En effet, il ne s agira pas d’octroyer une aide aux personnes non sérieuses et mal intentionnées sans réels visées économiques.

* Transparence :

Les différents donateurs pourront, s’ils le souhaitent, avoir accès au bilan comptable du bureau (donateurs et bénéficiaires y figurant restant bien évidemment anonymes) de sorte à ce que les moyens soient connus de tous pour éviter toutes suspicions, corruptions et fraudes. L’argent récolté devra également être justifié (lutte contre le blanchiment d’argent) au moyen de documents notariés. Il ne s’agira pas de bâtir un projet sur de l’argent illicite.

3) Moyens

Le fonds sera géré par un groupe d’experts dans chaque domaine (comptables, juristes, financiers, auditeurs shariah, etc..). Est il utile de rappeler que les compétences ne manquent pas dans la communauté musulmane ?

* L’appel au don : une communauté qui pèse

Qui a dit que les musulmans de France sont pauvres, fragiles et subviennent des minimas sociaux ? Un constat simple à réaliser :  sans rentrer dans la guerre des chiffres nous estimons la communauté musulmane de France entre 5 et 6 millions, on dira 5 millions pour  éviter la psychose d’une certaines frange de la population française. Imaginant que l’on ne s arrête uniquement sur 5% de ratiquants (et théoriquement un peu soucieux de la oumma) cela nous reviendrait à 250 000 têtes. A supposer qu’ on demande maintenant un versement mensuel de 10 € cela reviendra à 250 000 x 10 = 2 500 000 € ! Cela est juste une idée de la capacité financière de notre communauté, nous savons tous que nous sommes encore loin d’arriver à ce résultat mais parfois il faut donner quelques chiffres pour prendre conscience de la réalité de la vitalité et du dynamisme des musulmans de France.

* Local et salaire des employés ou gestionnaires

Le waqf, à l’unanimité des savants représentent les biens immeubles (arbres, bâtiments, maisons, terres,…), c’est-à-dire ce  qui perdure dans le temps. Quant aux biens meubles (fongibles) qui sont limités dans le temps  animaux, argent, matériel de guerre, équipements industriels,…), il y a divergence, mais la majorité des jurisconsultes considère que l’on ne peut constituer de waqf avec ces biens meubles. L’imâm Mâlik , se basant sur des hadîths  et sur le principe de l’intérêt général autorisait le waqf des biens fongibles : « Quiconque a constitué en houbous [waqf] un cheval pour l’amour de Dieu, verra le bilan de ses bonnes actions au jour du Jugement Dernier augmenté d’un poids égal à la quantité de picotins et d’eau consommés par cette bête» (hadîth authentique rapporté par Al-Boukhârî).

C’est donc à partir de ces avis que nous estimons que le local, les biens informatiques, et autres mobiliers, peuvent intégrer la logistique du BC& Investissements. La forme de rémunération des gestionnaires est sujette au bon
vouloir des donateurs. Pourquoi ne pas accorder un pourcentage de leur don dans l’entretien pécuniaire du service rendu ?

WAllahou A3lam.

Nota Bene : Une nouvelle source de don pourrait à terme également venir des bénéficiaires. L’argent ainsi immobilisé ne sera pas soumis à la Zakat puisque c’est un don d’argent dédié à Allah.

Par AbdAllah