Situation en Syrie : interview d’une militante qui s’est rendue sur place

Ajib.fr a eu l’occasion de rentrer en contact avec une militante humanitaire qui s’est rendu en Syrie. Elle nous raconte le calvaire quotidien du peuple syrien, les rencontres avec les réfugiés, et les combattants syriens. La situation est déplorable, c’est le moment plus que jamais de leur venir en aide, d’abord avec nos invocations, mais aussi concrètement (dons, engagement, sensibilisation, etc).

Syrie guerre

Ajib.fr a eu l’occasion de rentrer en contact avec une militante humanitaire qui s’est rendu en Syrie. Elle nous raconte le calvaire quotidien du peuple syrien, les rencontres avec les réfugiés, et les combattants syriens. La situation est déplorable, c’est le moment plus que jamais de leur venir en aide, d’abord avec nos invocations, mais aussi concrètement (dons, engagement, sensibilisation, etc).

Pouvez-vous vous présenter brièvement à nos lecteurs ?

As salamou aleykoum, je m’appelle Mariam, je fais partie du collectif tous pour la Syrie qui est une association créée pour venir en aide au peuple syrien, sans distinction politique ou religieuse. Nos actions sont principalement de 2 natures : agir pour la promotion de l’information sur la révolution syrienne et l’apport d’aide humanitaire sur place.

A l’origine du collectif, plusieurs membres, d’âges,de professions et d’idéologies divers, avec un point commun : nous étions touchés par la cause syrienne et ne savions pas comment agir, sans pour autant pouvoir nous résoudre à rester sans rien faire. Plusieurs d’entre nous se sont donc rendus sur place à titre personnel durant le mois de ramadan 2012 pour évaluer les besoins. Le collectif est né suite à ce premier voyage.

Dans quel cadre vous êtes vous rendus en Syrie ?

Notre premier voyage avait surtout pour but de visiter les camps de réfugiés en Turquie pour nous rendre compte de la situation, comprendre ce qui se passe réellement et faire une étude de terrain. Nous avions quand même amené avec nous des dons, du matériel médical. Il ne s’agissait pas réellement d’une action humanitaire cadrée, mais plutôt d’une initiative citoyenne.

Par la suite nous avons effectué un deuxième voyage, où nous avons passé beaucoup plus de temps en Syrie. Ce second voyage était axé autour d’une distribution de lait maternisé, car nous avions pu nous rendre compte qu’il s’agissait d’un besoin de première nécessité récurrent. Grâce aux 10 000€ récoltés auprès de différents donateurs, le collectif a pu distribuer 2000 boites de lait à l’intérieur de la Syrie.

Quels sont vos souvenirs avec les réfugiés ?

Je me rappelle principalement les visites aux blessés à l’hôpital turc de Gaziantep, proche de la frontière syrienne. Nous y avons notamment rencontré notre très cher ami Hassoun, un jeune de 12 ans qui s’est fait tiré dessus par un sniper. La balle lui a frôlé la tête, il a été amené a l’hôpital puis il a fallu rechercher sa famille…

Beaucoup de jeunes syriens qui étudiaient en Turquie ont laissé leurs études pour venir en aide aux blessés, ils assurent par exemple la traduction entre eux et les médecins, leur fournissent quelques habits et le minimum nécessaire pour l’hygiène, car les blessés arrivent sans aucune affaire dans les ambulances. La croyance en Allah et la bravoure des blessés sont bouleversantes. Ils souhaitaient tous guérir au plus vite afin de retourner au combat, certains vivaient très mal le fait d’être loin de la révolution.

Comment se passe l’entrée en Syrie ? vos premières impressions ?

En juillet, les frontières étaient ouvertes mais on ne laissait pas rentrer les journalistes ni les humanitaires. Nous avons quand même pu entrer légalement en présentant nos passeports en tant qu’étudiants universitaires mais nous repassions systématiquement la frontière pour dormir du côté turc.

Nous nous sommes rendus plusieurs fois à A’zaz, une ville d’environ 70 000 habitants entre Alep et la frontière turque qui venait d’être libérée par l’ASL. Là-bas, 60% des maisons étaient détruites, un hôpital neuf dévasté et les écoles en ruine totale , l’armée régulière poussant le vice à brûler les classes.

Lors de notre second voyage, fin décembre 2012, l’accès par les frontières turques avait changé : l’entrée comme la sortie n’étaient possibles qu’entre 8h et 20h, au delà de ces créneaux l’accès était totalement fermé. De nombreux syriens s’étaient réfugiés près de la frontière (mais toujours à l’intérieur du pays) pour se mettre à l’abri des bombardements.

Quelles sont vos ressentis quant à l’ambiance qui  règne en Syrie (moral des gens, la vie quotidienne, etc) ?

A chaque voyage, nous avons été très bien accueillis par la population et l’armée libre. La grande hospitalité des gens nous a agréablement surprise. Nous avons pu voir pratiquement chez tous le bon comportement du musulman envers autrui. Malgré la situation du pays, ils se montraient sympathiques, avec la joie de vivre.

A notre premier voyage, en juillet 2012, tout le monde s’attendait à une victoire avant la fin du Ramadan. La ville, qui avait été déserte peu de temps avant notre arrivée, retournait doucement à une vie normale. Beaucoup de choses de la vie quotidienne avaient changées et les syriens y faisaient face avec une formidable capacité d’entraide et d’organisation.

Malheureusement en décembre le combat pour la liberté n’était toujours pas fini. La confiance en la victoire de l’armée libre se ressentait toujours, ainsi que leur courage et leur persévérance. Pourtant, on commençait à lire de la fatigue dans les regards, surtout chez les civils. Il y a énormément de martyrs, les familles ont beau en être fières, la douleur de la séparation est un sentiment humain qu’ils ne peuvent pas refouler. On les sentait malgré tout toujours déterminés dans leur combat pour la liberté et la dignité.

Un témoignage, une situation en particulier qui vous a marqué l’esprit ?

Une femme de 70 ans que l’on surnommait « El Khansa [1] » qui a perdu cinq de ses fils et petits fils, et elle-même s’est faite maltraitée par le régime. Elle se retrouve désormais seule avec de nombreux orphelins. En nous parlant de ses enfants défunts, elle avait les larmes aux yeux mais avec une telle fierté, très contente d’offrir ses enfants pour la liberté.

Certes nous avons essayé d’apporter de l’aide aux syriens, mais ce qu’eux même nous ont apporté sur notre vision et nos objectifs dans la vie, l’auto-critique sur notre raison d’être, notre comportement envers autrui et envers Allah n’a pas de prix … Merci aux syriens pour les grandes leçons de vie qu’ils nous enseignent.

Comment peut-on aider le peuple syrien ? De quoi ont-ils besoin ?

En premier lieu, ils ont besoin qu’on ne les oublie pas. Lors de notre premier voyage ils ont été nombreux à nous faire la remarque « De toutes façons beaucoup de personnes sont venues, mais après leur départ tout le monde nous a oublié. ». C’est très dur pour eux de sentir une telle indifférence de la part du monde en général, et de la oumma en particulier.

Évidement, les besoins sont également matériels, et ne se comptent plus. Vous pouvez donner selon vos moyens, et devant l’ampleur des difficultés traversées par nos frères et sœurs chaque euro sera le bienvenu. Nous travaillons actuellement à une nouvelle campagne de distribution de lait maternisé.

Il faut aussi savoir qu’ils manquent d’ambulances pour transporter les blessés et de médecins pour les soigner, bi idhniLlah.

Bien sûr, ils ont aussi besoin de nos invocations. Nous pouvons tous faire des dou’as pour les aider, mais aussi pour savoir comment les aider !

Avant l’islam, Al Khansa (qu’Allah l’agréée) fut frappée par la mort de son frère (Sakhr). Elle s’est lamentée et fut tellement chagrinée qu’elle l’a pleuré dans une élégie. En période islamique, Allah lui a donné quatre fils. Lorsqu’ils se sont préparés pour la bataille Al Qadissiyya, elle leur donna des recommandations dont celle-ci : « Mes petits vous avez embrassé l’Islam de bon gré. Vous avez fait la hijra (l’émigration de la Mecque vers Médine) de votre propre volonté. Par celui que nul n’est en droit d’être adoré que Lui ! Vous êtes le fils d’un seul homme, comme vous êtes les fils d’une seule femme. Je n’ai pas entaché votre noblesse, ni changé votre lignée (héréditaire). Sachez bien que la demeure dernière est mieux que la demeure périssable. Soyez patient et craignez Allah afin que vous réussissiez. Lorsque le combat s’enflamme et que sa fournaise s’allume, frappez de toutes vos forces. Foncez sur l’ennemi. Vous jouirez du butin et de la gratification dans la demeure éternelle ». Lorsque la bataille fut à son paroxysme, ils se jetèrent dans le combat comme leur a recommandé leur mère jusqu’à ce qu’ils furent tués l’un après l’autre. Quand on lui annonça la nouvelle, elle n’ajouta rien à cette parole : «Louange à Allah qui m’a honoré par leur mort, j’espère qu’Il me joindra à eux dans le gîte de Sa miséricorde»’ [Voir Al Issaba wa l isti'ab].

Pour les contacter : 

A votre disposition, leur page Facebook, et le site Collectif Tous pour la Syrie, ou leur courriel : touspourlasyrie@gmail.com.

Crédit photo

Vos réactions : 4

*


  1. Assalamou aleykoum Les douha aussi dont concrete je ne comprend pourquoi il est dit dans l’article ´´dabord par nos douha et aussi concrètement par dons Sensibilisation … Je Ne dis pas ça pour faire des polémiques ou pour faire des histoires je tenais juste à rappeler que de demander a Allah était la chose la plus importante mai malheureusement notre éducation nous a diriger vers d’autre certitude

    Evaluez ce commentaire : Thumb up 3 Thumb down 0

  2. Salem ahlaikom,

    Agib sobhanAllah, Allah sobhanou guide et égare qui IL veut…

    Evaluez ce commentaire : Thumb up 1 Thumb down 0

  3. Salam voir le site islam sunna il parle de la Syrie un peuple à pas le droit de combattre son gouverneur

    Evaluez ce commentaire : Thumb up 0 Thumb down 0