Les échanges de Mohamed Merah et de son négociateur publiés par le journal algérien Echorouk

Mohamed Merah n’est plus un anonyme. Propulsé sur la scène médiatique suite aux effroyables tueries de Toulouse, de nombreuses questions ont fleuries ici et là, jusqu’à ce que l’affaire devienne une véritable énigme pour de nombreux journalistes. Hier, un journal algérien prétend avoir en sa possession les deux fameuses vidéos dont l’avocate du père de […]

Mohamed Merah n’est plus un anonyme. Propulsé sur la scène médiatique suite aux effroyables tueries de Toulouse, de nombreuses questions ont fleuries ici et là, jusqu’à ce que l’affaire devienne une véritable énigme pour de nombreux journalistes. Hier, un journal algérien prétend avoir en sa possession les deux fameuses vidéos dont l’avocate du père de Mohamed Merah, Zahia Mokhtari, a l’intention de se servir pour défendre la mémoire de cet homme. C’est en arabe que le journal Echorouk publie les derniers échanges qui appartiendraient à Merah et son « négociateur », dans l’appartement juste avant sa mort. Les deux vidéos seraient scindées en trois parties. La traduction de ces échanges ont été réalisées entre autre par Salim Bouterfas.

Une première bande : Merah et Jossier

Après une vue sur l’appartement de Mohamed Merah, les premières images laisseraient entendre de nombreux tirs provenant de silencieux. Ses vêtements seraient maculés de sang, sur son épaule gauche surtout, et il répèterait la chahada de nombreuses fois. Il aurait ensuite échangé avec un certain « Jossier » (Jussayer ?). Capitaine des RG, et un « ami » proche de Merah. Ils auraient échangé des propos assez familiers, où Jossier aurait tenté de le faire sortir de l’appartement pour le sauver. Voici ce que seraient leurs premiers échanges :

– « Allô, Mohammed, sors et rends-toi, personne ne te fera de mal, tu me connais et tu connais ma parole… »

– « Va au diable espèce de traitre, pourquoi vous voulez me tuer aujourd’hui qu’ai-je fais ? je n’ai rien fait, je n’ai tué personne. C’est toi qui m’a amené dans cette situation et je ne te le pardonnerai pas ».

– « Ça ne te servira à rien de rester longtemps ici, si tu ne m’écoutes pas, je ne pourrais plus gérer la situation demain et je ne pourrais plus t’aider, Alexandra mon chef a ton dossier et il promet qu’il sera avec toi jusqu’à la fin. »

– « Comment tu peux m’aider alors que c’est toi qui est responsable de cette situation, Monsieur le capitaine Jossier, je connais ton vrai nom et toi qui nous trompais avec le nom de « Zouhir » (ou Z’hir), espèce de traître à sa propre religion et ses frères de sang ! ». (…)

Plus tard, suite à des échanges houleux entre les deux hommes, Mohamed Merah accuserait son interlocuteur de l’avoir manipulé :

– « C’est mal ce que tu fais « Zouhir », tu m’as envoyé en Irak, au Pakistan et en Syrie pour aider les musulmans et ensuite tu apparais comme un criminel et capitaine dans les renseignements, je ne te pensais pas comme ça, jamais ! »

– « Mohammed, ce qui est fait est fait, le plus important maintenant est que tu sauves ta vie, je te sortirais de cette affaire…. rends-toi ou permets-moi de rentrer chez toi et de prendre ton arme. (…)

Mohamed Merah aurait refusé l’aide que lui aurait promis cet homme. Des coups de feux auraient retentit de nombreuses fois pendant ces échanges. Et entre chaque discussion, Mohamed Merah se serait filmé tentant de s’expliquer, ou récitant du Coran. Musique « jihadiste », passages du Coran relatifs aux martyrs, aux mécréants, il semblerait perdu et en colère, et clamerait son innocence.

Un second enregistrement : Merah et les RG

Dans cette seconde bande, Mohamed Merah aurait été appelé par un certain Jean-Daniel (ou John Daniel), des renseignements français. Ce dernier lui proposerait d’aller chercher sa mère ou sa fiancée pour le raisonner et le faire sortir de son appartement. Suite au refus de Merah, JD lui aurait promis de l’aider à sortir innocenté de cette affaire de meurtre.

– « (…) nous sommes des gens civilisés, tu connais la France, nous ne te ferons pas de mal, ni toi ni ta famille, rends-toi, ce qui s’est passé va être arrangé et tu ne seras pas poursuivi par la justice.

– « Qui garantit ça ? »

– « J’ai des ordres de mes supérieurs, personne ne te fera de mal et personne ne te poursuivra en justice, toute l’opération est arrangée pour toi afin de te sortir de cette affaire… innocent. »

– « Envoyez-moi une équipe de média pour qu’ils filment ce qui se passe en direct. »

Pendant la négociation, Merah aurait réclamé de parler avec sa mère et son frère Abdel-Kader. Cette fois J.D lui aurait assuré qu’il pourrait le faire en sortant de l’appartement. C’est alors que deux hommes seraient arrivés en blouson alors que Merah aurait réclamé deux journalistes en tricot. En les voyant, il aurait compris qu’il ne s’agissait pas de véritables journalistes et aurait refusé de continuer la négociation : « Vous voulez me tuer, ce sont des policiers qui portent des gilets pare-balles…Dieu est Grand…  » Des coups de feu auraient retentis ainsi que le bruit d’un tir de sniper. Il se serait ensuite filmé en train d’expliquer ce que lui a demandé de faire Jossier (ou Zouhir) ces dernières années. Il aurait ensuite écouté la sourate Al Anfal.

« Zouhir » m’a envoyé en Irak à Kirkuk et j’ai contacté les combattants, j’ai eu des bonnes relations avec eux. J’ai ensuite été en Syrie, à Alep, ensuite j’ai été à « Diar Bark » dans le Kurdistan, ensuite en Algérie à Boumerdes et Tizi Ouzou… j’ai contacté des combattants et eut de bonnes relations avec eux… Ce traitre m’a utilisé comme outil pour faire du mal aux musulmans combattants… que Dieu le maudisse, je ne lui pardonnerai jamais… Peut être que ces mots que j’enregistre n’arriveront pas à ceux qui cherchent la vérité, peut être qu’ils me tueront et personne n’en entendra parler. Je ne sais pas ce qu’ils me préparent pour qu’il m’accusent d’assassiner les gens, je suis innocent, pourquoi ils veulent me tuer ? »

Dernière conversation avant sa mort…

A la fin du second enregistrement, on entendrait une troisième conversation. L’homme en ligne, lui parlerait arabe, le saluerait et lui demanderait de se rendre. Cet homme serait le Sheikh Abou Is’haq de Toulouse :

– « Dis-leur Sheikh qu’ils me fassent pas de mal, par Dieu je suis innocent, je n’ai rien fait. Ceux sont des chrétiens haineux qui veulent nous combattre et nous tuer. »

– « Rends-toi mon fils, ils ne te ferons pas de mal, le monde entier suit ton affaire, ils ne te trahirons pas. »

C’est alors que la discussion prendrait fin, et qu’après des coups de feu on entendrait la récitation du Coran jusqu’à la fin…

Tant de questions sans réponses…

Au delà des questions que se posent très certainement de nombreuses personnes sur les incohérences de cette affaire, y compris ses proches, en voilà d’autres. Comment Merah aurait transmis ces vidéos ? De quels moyens matériels disposait-il ? Travaillait il avec les services de renseignements, pourquoi ces vidéos n’ont-elles pas été saisies par les forces de l’ordre sur place ? Et s’il avait un ordinateur avec une connexion internet, qui aurait envoyé cette dernière vidéo semblant être ses derniers instants ? Était-ce du direct ? Existe-t-il un moyen de se filmer et d’enregistrer ou d’envoyer ses enregistrements instantanément ? Pourquoi le journal n’a pas encore publié ces vidéos et a préféré divulguer les dialogues en premier lieu ? Si les vidéos sont véridiques, nous aurons des réponses. Mais il semblerait que cette affaire soulève de nouvelles énigmes. Dans l’attente d’en apprendre d’avantage sur ces deux vidéos mystères qui pourraient apporter de nouveaux éléments de réponse…

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