Les chroniques d’Oum-Zaza : les relations entre frères et soeurs #Partie 1

Quel parent, au quotidien, ne souhaite pas que les disputes cessent, ou espère que ses enfants s’entendent ? Quel être n’a en lui aucun ressentiment ou regret lorsqu’il pense à ses relations avec ses frères et sœurs lorsqu’il était enfant

Nous venons de terminer un livre, sur les jalousies et les rivalités entre frères et sœurs, écrit par Adele Faber et Elaine Mazlish. Un livre passionnant, parce qu’il apporte des solutions pour venir à bout des conflits entre les enfants. Quel parent, au quotidien, ne souhaite pas que les disputes cessent, ou espère que ses enfants s’entendent ? Quel être n’a en lui aucun ressentiment ou regret lorsqu’il pense à ses relations avec ses frères et sœurs lorsqu’il était enfant ? Ce sujet est si important que nous avons décidé de le découper en plusieurs parties inchaALLAH.

Accueillir les sentiments de chacun

Nous avions abordé le sujet lors d’un précédent article, l’écoute et l’accueil des sentiments sont primordiaux pour avancer et régler certaines choses. Lors d’une dispute ou d’un différent, il est important de ne pas s’arrêter à la première version du premier enfant arrivant à vous. Même si vous pensez savoir quel est le problème, même si vous êtes persuadés que l’aîné est « l’oppresseur », écoutez chaque enfant l’un après l’autre, donnez un temps d’écoute à chacun sans qu’il ne soit interrompu. Synthétisez ou reformulez chacun des deux récits pour que les enfants se sentent entendus et compris. Et sans jugement aucun, selon la situation, essayez de mettre des mots sur leurs sentiments réciproques et apportez leur une piste afin qu’ils arrivent à régler eux même leur différent.

D’après de nombreux psychologue et d’après Maria Montessori, une formidable « observatrice » de l’enfant, la Justice est encrée chez l’enfant entre 6 et 11 ans environ. Avant il faut lui apprendre, pendant il faut la respecter pour qu’ensuite elle soit enracinée. L’enfant arrivera presque toujours par lui même à une solution raisonnable et juste. Il est intéressant de le constater lorsqu’il sent que l’on a confiance en ses capacités.

Exemple 1 :

Inès : « Maman, Sarah m’a encore piqué mon chemisier préféré, je ne la supporte plus ! »
Vous : « Tu semble très en colère que Sarah t’ait encore emprunté ce chemisier et je peux le comprendre. »
Sarah : « Oui mais il est encore trop grand pour toi tu ne le mets jamais ! C’est bon je vais te le rendre ! »
Vous : « Tu aimes beaucoup le chemisier de ta sœur apparemment »
(…)
Vous : « Inès, et si tu fabriquait une pancarte « propriété privée » pour accrocher à ton armoire ? Parfois Sarah, il suffit de demander pour avoir ce que l’on souhaite. »
Sarah : « Si tu veux Inès, on peut faire des échanges, lorsque j’aimerai que tu me prête ton chemisier, tu pourras même porter le blouson que tu aimes tant ! »
Inès : « Ah cool c’est une bonne idée, et la ceinture kaki à fleurs aussi ? »
(Et vous disparaissez du tableau…)

Exemple 2 :

Riyad : « Je ne veux plus de ce petit frère qui m’empêche de dormir la nuit et qui casse mes jouets, je veux qu’il retourne d’où il vient !! »
Vous : « Tu semble fatigué par la présence de ton frère et je comprends cela. Il pleure souvent la nuit et est très maladroit avec tes jouets. Je te propose de les ranger de sorte qu’il ne puisse atteindre que ceux que tu accepte qu’il touche, qu’en dis-tu ? »
Riyad : « Je pourrais arranger mon étagère pour mettre toutes les choses fragiles en haut, et mes peluches au sol !! Et maman, est ce que on peut m’acheter un coffre pour ranger les jouets auxquels je tiens fort fort fort ? »

Intervenir lorsqu’il y a brutalité

Il est préférable de laisser les enfants régler au maximum leurs différents. Cependant en tant que parents, nous sommes les « garde-fous » des comportements qui pourraient s’avérer agressifs, voire dangereux. Les enfants ont besoin qu’on les empêche de se faire du mal, et attendent de nous qu’on leur montre comment manifester la colère de manière acceptable. Il est important de mettre des limites et de ne pas tolérer, à partir d’un certain âge, qu’un enfant en tape un autre même si ce dernier « le mériterait bien ».

Exemple 1 :

Alexis : « Je t’avais dis d’arrêter de te pencher sur ma maquette » et VLAN, Alexis attrape son petit frère, de 2 ans et demi et le jette par terre.
Le Vous à éviter : « Alexis je t’ai vu, tu n’as pas honte de pousser ton PETIT frère comme ça ? Tu aimerait que je t’attrape et que je te jette en l’air ?? »
Le Vous à bannir : « Tiens prends ça (BAFFE) ! Tu verras ce que ça fait de s’en prendre à plus petit que soit ! »
Le Vous qu’il faut : « Alexis ! C’est normal d’être en colère tu avais passé du temps sur cette maquette, mais IL EST INTERDIT de frapper dans cette maison ! Tu es capable de dire à ton frère combien tu es furieux avec ta bouche et non avec tes mains. Je ne tolèrerait pas ce genre de comportement chez nous ! »

Exemple 2 :

Nassima : « Je vais te tuer ! » dit-elle à sa sœur cadette en lui tirant les cheveux violemment après que cette dernière lui ai déchiré sa poupée en tissu favorite.
Le Vous à éviter : « Nassima ça va pas dans ta tête t’as un problème ???? Ta sœur n’a que 3 ans !! Tu en as 6 ! Elle n’a pas fait exprès en plus ! »
Le Vous à bannir : « Viens ici je vais t’apprendre à faire du mal à ta sœur de cette manière (FESSÉE) »
Le Vous qu’il faut : « Arrête Nassima (d’un ton ferme et grave) ! Tu peux te fâcher contre ta soeur avec les mots, et lui expliquer à quel point tu tenais à cette poupée, mais la violence n’est pas la bienvenue sous ce toit, c’est interdit ! »

Nous vous laissons imaginer les réactions de vos enfants face à chaque « Vous »… Le « Vous à éviter » n’aide pas votre enfant à exprimer sa colère autrement, il renforcera en lui une frustration et une rancœur vis à vis de son frère ou sa sœur. Vous venez à sa défense sans chercher à comprendre pourquoi il a eu ce geste, et en général vous repartez avec « la victime physique » en laissant seule la première victime, « du cœur » ou « de l’âme »… Le « Vous à bannir » va juste apprendre à votre enfant qu’on peut aimer et frapper, seuls les coups seront intégrés et non votre raisonnement, relire notre article sur la punition.

Le Docteur Haim Ginott, mort en 1973, enseignant, psychothérapeute et psychologue fut un des premiers contemporains à percevoir que les problèmes de jalousies et de rivalités entre les frères et sœurs pouvaient être réduits à d’inoffensifs « problèmes du quotidien ». Faber et Mazlish se sont beaucoup inspirées de ses travaux, et elles même ont fait un travail colossale qui a aidé bon nombre d’adultes présents à leurs ateliers à « se réconcilier » une fois adulte avec leur fratrie, leurs parents… Un travail formidable, qui en amont peut être évité grâce aux parents, les « maîtres », « éducateurs », et « accompagnateurs » ici bas. Tant que les enfants vivent sous le toit de leurs parents rien n’est « trop tard » pour une bonne entente. Nous en reparlerons dans deux semaines inchaALLAH ! Et Allah est Maître de toutes choses et Le plus Savant !

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Vos réactions : 2

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  1. salaam alikoum

    bel article, fort pertinent comme d’hab’ =D
    cela dit, j’ai un peu de mal sur un point

    mais la violence n’est pas la bienvenue sous ce toit, c’est interdit ! »
    ca veut dire qu’ailleurs on l’accepte?

    Je ne tolèrerait pas ce genre de comportement chez nous ! »
    cela veut il dire que si on fait ca, on sera viré?
    enfin voilà quoi
    j’ai un peu de mal avec cette formulation ^^

    hafidak Allah, wa salaam alikoum

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  2. Salam ‘alaycoum, Barak ALLAHu fik pour vos remarques pertinentes !
    « La violence n’est pas la bienvenue sous ce toit », cela signifie que toutes les personnes habitants sous ce toit, notre famille n’accepte pas la violence, et l’enfant comprend par extension que dehors c’est mal aussi. L’éducation commence par nos foyers, et s’étend à l’extérieur. Si l’enfant le comprends comme vous le comprenez (lorsqu’il est plus grand peut être), préférez par exemple « La violence est interdite, ici et partout », ce sont des suggestions, à vous de trouver LA formule qui vous convient le mieux.
    Pour le « je ne tolèrerait pas ce genre de comportement chez nous ! », l’enfant a confiance en ses parents, et sait ce que cela veut dire : si je continu, je vais les mettre en colère, et je n’aime pas que l’on soit fâché. Un jeune enfant n’aura jamais la réflexion qu’on peut le mettre à la porte de son propre foyer, juste qu’il risque de mettre en colère ses parents, la pire punition pour un enfant étant le regard noir et la voix grave de ses parents. « Je ne tolèrerait pas ce genre de comportement chez nous » signifie également : « à chaque fois que cela se passera, j’interviendrai et serai en colère, tolérance zéro, je passerai jamais l’éponge… » vous voyez ?

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